Planter 1 200 milliards d'arbres pourrait sauver la planète du réchauffement climatique

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ECOLOGIE - Une étude scientifique assure que le climat peut être régulé par une restauration massive des forêts dans le monde, ou plus exactement la plantation de 1200 milliards d'arbres, en absorbant deux tiers des gigatonnes de carbone émis par les humains.

On le sait, le réchauffement climatique est une réalité et si les tendances actuelles se maintiennent, les températures mondiales pourraient augmenter de 1,5 degrés d'ici 2030, provoquant des dégâts considérables sur l'éco-système. Quand certains désespèrent, d'autres affirment qu'il y a encore des solutions. Jean-Francois Bastin et Thomas Crowther, chercheurs à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich en Suisse, expliquent qu'une plantation massive d’arbres pourrait enrayer cette crise environnementale. Dans une étude publiée ce vendredi dans la revue Science, ils exposent leurs calculs de l'exacte quantité d'arbres à planter pour absorber deux tiers des 300 gigatonnes de carbone, émis par les humains dans l’atmosphère depuis les années 1800.

1 200 milliards d'arbres nécessaires

Les deux écologistes et leur équipe se sont appuyés sur le dernier rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques des Nations Unies, qui recommandait d'ajouter 1 milliard d'hectares de forêts pour limiter le réchauffement planétaire. Après analyse de la cartographie terrestre, Jean-Francois Bastin et Thomas Crowther ont estimé que 1 200 milliards d'arbres plantés seraient nécessaires et ont envisagé leur répartition sur le globe.

"On peut démontrer que c’est une solution parfaite et de loin la meilleure face au réchauffement climatique", a commenté Thomas Crowther auprès de France Info. "Sans les humains, il y aurait 5 800 milliards d’arbres sur Terre. Il y en aurait partout. On a réduit ce nombre de moitié, il n’y a donc plus que 3 000 milliards d’arbres environ aujourd'hui". Vu la configuration actuelle de la planète, couverte de grandes zones urbaines et agricoles, il est selon les scientifiques impossible de replanter 2 800 milliards d’arbres mais 1 200 milliards seraient un compromis suffisant pour réguler le climat. "Beaucoup de solutions avancées pour lutter contre le réchauffement climatique visent à empêcher de futures émissions. Celle-ci permet de capturer le carbone que nous avons déjà émis !", se réjouit le chercheur.

L'Europe, futur poumon de la planète ?

Les scientifiques ont analysé près de 80 000 photographies satellites pour déterminer la couverture forestière actuelle. Ils ont ensuite classé la planète en fonction de 10 caractéristiques du sol et du climat pour identifier des zones plus ou moins adaptées à différents types de forêts. Après avoir soustrait les forêts existantes et les zones occupées par l'homme, ils ont calculé les zones pouvant accueillir de nouvelles forêts.

Selon leur cartographie verte, l'Angleterre, l'Ireland et l'Europe centrale seraient particulièrement adaptée. "La France est un bon exemple", précise Thomas Crowther à FranceInfo. "Pour être honnête, la majeure partie de l’Europe devrait être une énorme forêt". Le scientifique imagine ainsi que chacun puisse donner de son temps pour atteindre l'objectif final. "Si tout le monde se mettait à planter des graines un week-end sur deux, je pense sincèrement qu’on pourrait y arriver. Si le monde entend ce message, c’est une solution simple et agréable, je suis très optimiste", explique-t-il.

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Les scientifiques mettent par ailleurs en avant les autres bienfaits des forêts pour le climat : une biodiversité plus riche, une qualité de l'eau améliorée et une érosion des sols réduite. Les estimations du coût de la restauration des forêts à cette échelle sont peu précises, mais sur la base de prix d’environ 0,30 dollar l’arbre, Thomas Crowther estime que l'opération pourrait coûter dans les 300 milliards de dollars. Soit par exemple, quasiment le montant du budget promis par le gouvernement français à la Défense pour rénover les équipements militaires vieillissants, ou moins de la moitié du budget militaire des États-Unis sur une année, qui s'élève désormais à 750 milliards de dollars.

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