"Elles ne s’arrêtent pas aux frontières" : comment les fumées des incendies en Australie ont-elles pu atteindre l’Amérique du Sud ?

Cette image satellite prise le 2 janvier montre la trajectoire de la fumée des incendies.
Planète

Après la Nouvelle-Zélande, les fumées des incendies ravageant l’Australie ont parcouru plus de 12 000 kilomètres pour atteindre désormais le Chili et l’Argentine, ont fait savoir les services météorologiques chiliens et argentins. Comment un tel phénomène est-il possible ? Eléments de réponse avec Jérome Lecou, prévisionniste à Météo France.

Voilà quatre mois que des feux ravagent le bush australien et les fumées qui s’en dégagent se propagent désormais à des milliers de kilomètres de là. Après avoir atteint la Nouvelle-Zélande et bruni certains de ses glaciers, les panaches ont parcouru plus de 12 000 kilomètres au-dessus du Pacifique, jusqu’à être visibles au Chili et en Argentine. 

Alors, pourquoi les fumées ne se dispersent-elles pas dans l’atmosphère ? Selon Jérome Lecou, prévisionniste à Météo France, "cette question se pose à chaque fois qu’il y a dispersion d’un polluant : que deviennent ces nuages de fumées ? Mais elles ne s’arrêtent pas aux frontières". 

Pour le prévisionniste, deux facteurs peuvent expliquer que ces panaches parcourent une si longue distance : "Il y a une alimentation en permanence, donc la quantité de fumée reste constante. À un moment donné, le nombre de particules devient suffisamment important pour faire des panaches énormes. Et puis, il y a des vents d’ouest entre l’Australie et les côtes ouest de l’Amérique du Sud, qui vont dans le sens de la propagation du flux". 

Lire aussi

Un phénomène récurrent

Après que les météorologues chiliens et australiens ont observé des fumées jusqu’au-dessus de leurs côtes, le service de météorologie brésilien Metsul a quant à lui prévenu que celles-ci pourraient bientôt toucher Rio Grande do Sul, région au sud du pays. Une hypothèse qui n’est pas à exclure, d’après Jérome Lecou : "Les fumées peuvent se retrouver loin mais ne seront pas forcément visibles, avec une concentration de particules beaucoup plus faibles".

À noter toutefois, selon le prévisionniste, que si la Nouvelle-Zélande se trouve "aux premières loges" à 4 000 kilomètres des incendies australiens, les fumées qui atteignent aujourd’hui l’Amérique du Sud sont moins nocives : "Plus l’on s’éloigne de la source, plus l’on a un phénomène de dispersion fort".

Si le phénomène est spectaculaire – des images du ciel orangé en Nouvelle-Zélande et des glaciers recouverts de cendres circulent sur les réseaux sociaux -, il n'est pas exceptionnel pour autant. En août 2018, de gigantesques incendies survenus dans l’Alberta, région de l’ouest du Canada, avaient dégagé des fumées jusqu’en Europe. "Cela avait fait la Une de certains journaux", se souvient Jérome Lecou, qui évoque des cieux à la couleur orangée en Bretagne. Ceux d’Alsace, de Lorraine et de Champagne-Ardenne avaient alors pris une teinte laiteuse en raison de la poussière et des cendres, a rapporté France 3 à l’époque.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent