En treize ans, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 20%

En treize ans, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 20%
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POLLUTION - Selon les derniers chiffres du Gobal Carbon Project, publiés ce mercredi, les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre, sont encore à la hausse en 2018 au niveau mondial. Mais la France se classe parmi les bons élèves.

Comme chaque année, le groupe international de réflexion et de recherche Global Carbon Project publie, ce mercredi, les chiffres des émissions mondiales de CO2 d'origine fossile (combustibles fossiles, industrie et ciment). Si la situation reste catastrophique au niveau mondial, la France se distingue parmi les bons élèves de l'année 2018. Ses émissions ont diminué de 2,5% l'an dernier par rapport à 2017.

Cette situation s'explique, selon les chercheurs, par une consommation de pétrole qui n'a "pratiquement pas changé" et une consommation de gaz naturel "en légère diminution par rapport à 2017". La part d'énergie renouvelable hydraulique et nucléaire dans la consommation d'énergie est, quant à elle, restée à peu près égale à celle des combustibles fossiles au cours des dix dernières années.

Des émissions de CO2 en baisse de 4,2% par rapport à 2017

Concernant les gaz à effet de serre en général - les principaux étant le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), ou encore le protoxyde d'azote (N2O) - les performances sont encore plus encourageantes. Après une légère remontée des émissions en de 2015 à 2017 (+0,7% par an en moyenne), les émissions 2018 de la France ont chuté de 4,2% par rapport à 2017. Un fait qui s'explique notamment, selon le Global Carbon Project, par "une meilleure disponibilité du parc nucléaire et un hiver plus doux en 2018 comparé à 2017". De 2005 à 2018, les émissions de gaz à effet de serre ont même diminué de 19,8%, soit de 1,6% par an en moyenne.

Dans un communiqué de presse, Jean-Pierre Chang, du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA), suggère que l'année 2019 devrait également s'avérer positive. "Les consommations globales d’énergies fossiles en France pour 2019 sur les neuf premiers mois de l’année sont en baisse de l'ordre de -1% par rapport à 2018 sur la même période des neuf premiers mois : cela est un bon signal pour l’évolution des émissions de la France en 2019, qui restera à préciser après disponibilité des données complètes relatives à l’année 2019 ainsi qu'aux émissions non énergétiques", explique-t-il.

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Des efforts salutaires

Interviewée en novembre par LCI quant aux engagements de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, Lola Vallejo, directrice du Programme Climat de l’Institut de développement durable et des relations internationales (IDDRI), saluait notamment la décision du gouvernement de mettre fin à l'utilisation des véhicules thermiques utilisant du pétrole en 2040. "La France s’est également engagée pour la neutralité carbone en 2050 et a mis en place un processus de gouvernance pour y arriver, le Haut Conseil pour le Climat, qui doit être un évaluateur indépendant de l’action du gouvernement. C’est l’un des premiers pays du G7, avec le Royaume-Uni, à avoir pris cet engagement dans la loi, c’est-à-dire celui d’un objectif de neutralité pour toutes ses émissions", expliquait-elle d'autre part, estimant que des efforts restaient encore à fournir concernant le déploiement des énergies renouvelables et la dépendance au pétrole du pays. Selon le Global Carbon Project, le pétrole a été responsable en 2017 en France de l'émission de 206 millions de tonnes (Mt) de CO2, contre 96 Mt pour le gaz.

Un bilan pas aussi positif à l'étranger

Le bilan de Global Carbon Project n'est en revanche pas aussi rose partout. Pour l'année 2018, les émissions de CO2 d'origine fossile ont augmenté de 2,1% et devraient poursuivre leur croissance en 2019 (+0,6%). Une moindre hausse qui s'explique, entre autres, par les performances économiques plus faibles que prévues de la Chine et de l’Inde, principaux vecteurs de cette pollution.

En Chine, la croissance économie plus faible a en effet réduit la demande d'électricité. Les émissions de CO2 devraient malgré tout y augmenter de 2,6% en 2019, après avoir déjà connu une hausse de 2,3% en 2018. Du côté de l'Inde, dont les émissions augmentent de 5,5% par an depuis dix ans, le taux de CO2 relâché dans l'atmosphère ne devrait augmenter "que" de 1,8% en 2019 comparé à 2018. Cela s'explique par un ralentissement de la croissance de l'utilisation du pétrole et du gaz naturel suite à la faible croissance économique récente.

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Bonne nouvelle tout de même, les États-Unis, deuxième plus gros pollueur au monde derrière la Chine, devraient, selon les prévisions, voir leurs émissions de dioxyde de carbone baisser de 1,7% en 2019, poursuivant ainsi une tendance observée depuis 2007. "Cette diminution s’explique par une réduction de 11% des émissions résultant de l'utilisation du charbon auquel se sont substitué du gaz, de l'énergie éolienne et solaire", explique le rapport.

Au sein des vingt-huit pays de l'Union européenne, les émissions diminuent également chaque année de 1,4% depuis dix ans. En 2019, la baisse devrait cette fois atteindre 1,7%.

En 2019, les émissions mondiales de CO2 atteindront 36,8 milliards de tonnes

En 2019, les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant des combustibles fossiles et de l'industrie atteindront, selon le Global Carbon Project, environ 36,8 milliards de tonnes de dioxyde de carbone en 2019, ce qui constitue un record. Pour Philippe Ciais, chercheur au Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (LSCE) cité dans le communiqué, "il est urgent de redoubler d’efforts pour rester sous la barre des 'bien en dessous de 2°C' fixé dans l'Accord de Paris." Alors que, depuis la signature de l'Accord de Paris en 2015, les émissions de CO2 ont augmenté de 4% et continuent sur cette voie, il estime qu'atteindre "devient un défi extraordinairement difficile à relever".

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