En Europe, le confinement entraîne une forte baisse de la pollution

La rue de Rivoli, à Paris, en période de confinement.
Planète

EUROPE - Le programme Copernicus, de l'Agence spatiale européenne, a observé une forte baisse de la pollution au dioxyde d'azote en dix jours sur le continent européen, là où la majorité de la population est désormais confinée.

Tandis que la quasi totalité des pays européens ont pris des mesures inédites de confinement, Copernicus a observé depuis une chute de la pollution au-dessus du continent. Grâce à l'un de ses satellites, le Sentinel 5-P, ce programme de l'Agence spatiale européenne (ESA), chargé de surveiller aussi bien la météo que la concentration des polluants dans l'air, a ainsi pu constater que les émissions de dioxyde d'azote (NO2) ont été nettement réduites entre le 14 et le 25 mars, par rapport aux normales mensuelles. 

Si une période de dix jours a été choisie pour effectuer de telles mesures, c'est pour une raison simple, explique Henk Eskes, de l'Institut royal néerlandais de météorologie (KNMI) qui utilise les données de Sentinel-5P : "En combinant les données pour une période spécifique, 10 jours dans le cas présent, la variabilité météorologique s'égalise en partie et nous commençons à voir l'impact des changement dus à l'activité humaine". Car le dioxyde d'azote est un gaz polluant qui émane de la circulation routière et des combustibles fossiles et qui se forme surtout au-dessus des grandes villes. 

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Surtout dans les grandes villes

En effet, ce sont surtout dans les grandes villes européennes que la baisse de la pollution a été la plus importante. A Paris d'abord, où Airparif a dressé un bilan positif de la première semaine de confinement dans la capitale, du jamais vu en 40 ans de mesures. Dans le détail, à Milan, la concentration de NO2 a reculé de 24% ces quatre dernières semaines, a constaté pour sa part l'Agence européenne de l'environnement (EEA). 

L'Italie, qui a placé ses 60 millions d'habitants en quarantaine le 9 mars dernier, observe elle aussi une baisse drastique de la pollution, et en particulier dans le nord du pays, où se concentrent les principales industries. "La chute des émissions de dioxyde d'azote au-dessus de la vallée du Pô dans le nord de l'Italie est particulièrement flagrante", a commenté Claude Zehner, responsable de la mission Sentinel 5-P, qui l'impute à "une baisse du trafic routier et des activités industrielles". 

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De nouvelles mesures doivent intervenir la semaine prochaine pour évaluer "les changements en dioxyde d'azote au-dessus du nord-ouest de l'Europe", précise l'Agence spatiale européenne. De son côté, Hans Bruyninckx, directeur de l'Agence européenne de l'environnement a aussitôt relativisé, dans un communiqué, l'effet à court terme de cette embellie : "Pour atteindre la neutralité climatique en Europe, il faut réduire continuellement les émissions sur une longue période". 

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