"En termes de biodiversité, on va dans le mur mais on peut encore tourner"

"En termes de biodiversité, on va dans le mur mais on peut encore tourner"
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BIODIVERSITÉ – Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "Vivons la nature en ville" et plus généralement de l’environnement. Alors que l’année 2020 est marquée par plusieurs événements mettant l’accent sur la préservation du vivant, Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, revient sur l'importance de l'enjeu et sur les solutions envisageables pour enrayer le déclin.

"Tout le monde subit le changement climatique, mais le fait qu’il n’y ait plus de chauves-souris ne va pas changer notre vie quotidienne. Or, c’est peut-être le signe que la biodiversité est en train de s’effondrer." Si la thématique du climat s’est imposée sur la scène politique et médiatique, notamment grâce à la jeune militante suédoise Greta Thunberg, Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, rappelle que les enjeux liés à la préservation des écosystèmes n’en sont pas moins importants. 

La nécessaire prise de conscience finira-t-elle par avoir lieu ? Si rien n'est moins sûr pour l'instant, l'accent doit justement être mis sur la sauvegarde du vivant en cette année 2020, avec la tenue du Congrès mondial de la nature à Marseille et la COP15 Biodiversité en Chine.

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On le sait, la biodiversité, c’est-à-dire l’ensemble des organismes vivants, est mise à mal par l’activité humaine : les ressources naturelles s’épuisent, l’eau vient à manquer et la liste rouge des espèces en voie d’extinction ne cesse de s’allonger. D’après un rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) publié en mai dernier, 23% des oiseaux, 25% des poissons, 33% des mammifères marins et 47% des mammifères terrestres sont ainsi menacés dans les décennies à venir. "En termes de biodiversité, on va dans le mur mais on peut encore tourner", résume Jean-François Silvain.

Un objectif mondial de 30 à 40% d'aires protégées

Toujours selon le rapport de l’IPBES, 75% de l’environnement terrestre et 40% de l’environnement marin présentent des "signes importants de dégradation". Il existe aujourd’hui différents facteurs mettant à mal nos écosystèmes, qualifiés par la communauté scientifique de "pressions anthropiques" et classés selon leur gravité : l’artificialisation des terres, la surexploitation des ressources naturelles, le changement climatique et la pollution. 

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Les solutions de demain pour lutter contre les différentes pollutions

Pour contenir et stopper ce déclin, plusieurs solutions existent : réduction de l’usage des pesticides, diminution de celui du plastique, développement des aires protégées… "Il faudrait idéalement protéger 30 à 40% des surfaces terrestres des activités humaines intensives", avance Jean-François Silvain. 

On a besoin d’une cohérence entre les politiques nationales et les discours internationaux- Jean-François Silvain, président de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité

Tentant de s’imposer sur ces enjeux-là, la France s’est, par exemple, engagée à mettre en place 30% d’aires protégées sur son territoire et à atteindre l’objectif de zéro artificialisation nette des sols d'ici à 2050. "Il y a un engagement fort de l'État à l’international, avec une volonté de se positionner comme le leader des pays engagés dans la protection et le renouveau de la biodiversité", estime le président de la Fondation. "En revanche, au niveau national, c’est moins fort : qu’on arrête de tuer des oiseaux migrateurs protégés dans d’autres pays d’Europe, qu’on arrête le massacre de blaireaux…", nuance-t-il toutefois. "On a besoin d’une cohérence entre les politiques nationales et les discours internationaux." 

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Comme chaque année depuis 15 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000 euros. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La nature et la ville seront au cœur de l’actualité en 2020, une année décisive pour le climat et la biodiversité. Comment les villes de demain assureront-elles bien-être et santé à tous les citadins ? De nombreux défis restent à relever afin de transformer nos conditions de vie en ville : limiter l’étalement urbain, lutte contre le changement climatique, réduction de la pollution, gestion des déchets, accès à une alimentation saine, constructions durables…" Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 23 mars 2020.

 

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

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