Interdites à Rennes, en débat à Paris… Quel est l'impact énergétique des terrasses chauffées ?

Interdites à Rennes, en débat à Paris… Quel est l'impact énergétique des terrasses chauffées ?
Planète

ENVIRONNEMENT - En raison de leur impact énergétique jugé excessif, les chauffages d’appoint des terrasses parisiennes sont décriés par les élus écologistes du Conseil de Paris. Inspirés par leur récente interdiction dans la ville de Rennes, ces derniers ont présenté un vœu en ce sens le 12 décembre dernier. Ces chauffages électriques consomment-ils plus que de raison ?

Faut-il en finir avec les terrasses chauffées de Paris ? Prenant exemple sur Thonon-les-Bains, pionnière en la matière, et sur Rennes plus récemment, des élus écologistes veulent faire de Paris la prochaine ville interdisant l’utilisation de chauffages électriques dans les terrasses ouvertes des brasseries. Avec son groupe, Jacques Boutault, maire EELV du IIe arrondissement de Paris, a déposé un vœu en ce sens le 12 décembre dernier. 

En guise de réponse, le Conseil de Paris a proposé de "réaliser un bilan du règlement des étalages et terrasses de Paris, et à l'issue, de lancer une concertation en 2020-2021". "On ne peut pas se dire écologiste et vouloir s’affranchir des saisons", argumente de son côté Jacques Boutault, pour qui "chauffer dehors" est une aberration. "Et on se moque du Qatar qui veut climatiser des stades", ironise l'élu.

En attendant une éventuelle concertation, la réglementation datant de 2011 dispose qu’"un mode de chauffage de la terrasse ouverte peut être installé à condition qu’il ne génère pas d’émissions de gaz polluants et que son installation respecte la réglementation en vigueur". Or, l'interdiction faite par Bertrand Delanoë des chauffages à gaz, les braseros, dans les terrasses a été cassée par la justice administrative en 2013. Aujourd'hui, sont donc autorisés les chauffages à gaz et électriques. 

Selon Jacques Boutault, une surface de douze mètres carrés chauffée par des braseros équivaut en termes de rejets de CO2 à un véhicule SUV parcourant 300 kilomètres dans la journée. Et si les chauffages électriques n’émettent pas d’émissions de gaz à effet de serre comme les braseros, ils consomment toutefois beaucoup d’énergie. Les radiants électriques, majoritairement utilisés dans les bars et restaurants de la capitale, ont une puissance énergétique variant de 300 à 1.400 watts (une ampoule émet en moyenne 60 watts). 

Lire aussi

En hiver, une facture d'électricité qui triple pour certains restaurateurs

Du côté des restaurateurs, on fait état d'un coût non négligeable de ces chauffages électriques en période hivernale. Bastien, gérant du café "Les Fontaines" à la porte de Saint-Cloud, assure que le montant de sa facture d’électricité triple en période hivernale. Et pour cause, 25 radiants électriques chauffent sa terrasse de 75 mètres carrés, pouvant accueillir 80 personnes. Pour pallier cette somme, Bastien et ses serveurs décident fréquemment d'arrêter le chauffage en plein après-midi, lorsque l’affluence est moindre. "On le remet à la demande du client." 

Le gérant a bien entendu parler de la proposition écologiste. "On ne sait pas encore ce qui nous attend, ce sera un gros coût pour nous", regrette Bastien, qui revendique toutefois sa fibre écolo. Ce dernier n’est pas hermétique quant à un compromis entre restaurateurs et élus. "L’idéal serait de trouver des temps d’allumage, deux ou trois heures par jour". Jacques Boutault, qui n’en est pas à sa première tentative pour faire passer la mesure, prône lui aussi le dialogue : "Il faut mettre autour de la table les professionnels des bars et des restaurants pour trouver des solutions". 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent