CARTE - Climatoscepticisme : un phénomène à géographie variable

CARTE - Climatoscepticisme : un phénomène à géographie variable
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CLIMAT - Ouragans, inondations, sécheresses, canicules... Les signes d'un changement climatique avéré se multiplient sur notre planète. Malgré cela, nombreux sont encore ceux qui doutent du phénomène. Une vaste enquête Ipsos, menée pour EDF dans 30 pays, illustre les croyances et les craintes de 24.000 répondants.

Un changement climatique ? Quel changement climatique ? Dans le monde, les personnes qui minorent, voire nient la situation sont encore nombreuses en dépit de nombreuses études scientifiques et des phénomènes extrêmes qui se multiplient et s’intensifient aux quatre coins de la planète.

Selon une enquête Ipsos pour EDF menée auprès de 24.000 personnes résidant dans 30 pays et publiée mercredi, les climatosceptiques représentent 8% de la population, surtout répartis dans les pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Chez les personnes conscientes du changement climatique, son origine n'est en revanche pas systématiquement attribuée à l'action de l'Homme.

Les Chinois, plus grands climatosceptiques au monde

Les Chinois sont ainsi 15% à estimer ne "probablement pas" ou ne "certainement pas" vivre un changement climatique à l'heure actuelle, devant les Américains, les Australiens et les Suédois (14%). En France, seules 5% des personnes interrogées ne croient pas à ce phénomène, tandis qu'elles sont 7% au Royaume-Uni et en Irlande et 9% en Belgique, rapporte l'étude.

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Quant à l'origine du phénomène, le débat est encore largement ouvert. 69% des sondés pensent qu'il est provoqué par l'action de l'Homme, citant en premier lieu les émissions de gaz à effet de serre (61%), la pollution de l'air (45%) ou encore la déforestation (44%). Mais près d'un quart (23%) des répondants l’attribuent plutôt à un phénomène naturel ou inconnu. La majorité de ces derniers se trouvent dans les pays les plus émetteurs de dioxyde de carbone (CO2) comme l’Arabie Saoudite, l’Australie, les Etats-Unis ou la Chine.

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Des actions gouvernementales attendues par près de 3/4 des répondants

Si les trois-quarts de la population se disent plus inquiets qu'il y a cinq ans concernant le réchauffement, craignant notamment la multiplication des événements climatiques extrêmes, la sécheresse ou la pollution de l'air et de l'eau, ils sont presque autant (70%) à penser que ce sont aux gouvernements d'agir en priorité. Le rôle des citoyens n'arrive qu'en deuxième position, avec 45% des réponses, devant les entreprises (32%) et les scientifiques (23%).

Tandis que près d’un tiers des répondants espèrent une solution provenant des innovations technologiques, la majorité (53%) pense que la lutte contre le changement climatique passe d’abord par un changement des modes de vie. Les trois-quarts des citoyens estiment d'ailleurs l'avoir fait au cours des années passées, dont plus de 70% en France. Cela passe par le tri des déchets (48% des réponses), la préférence des fruits et légumes de saison (40%) ou encore la limitation du chauffage et de la climatisation (33%). Limiter le recours aux transports individuels reste en revanche difficile pour la plupart.

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Des préoccupations différentes selon les pays

Selon les pays, l'enquête fait ressortir des préoccupations totalement différentes. L'Amérique du Nord, la Russie ou encore l'Europe sont en majorité préoccupées par l'accumulation des déchets et des plastiques, tandis que la Chine, l'Inde et l'Arabie Saoudite s'inquiètent plutôt de la pollution. Le Brésil, où la forêt primaire est décimée au profit de l'agriculture et de l'élevage, se soucie davantage de la déforestation. Elle n'y a jamais été aussi importante depuis dix ans.

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