Épandage des pesticides : le gouvernement fixe enfin une distance a minima

DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Baptiste Morin s'est intéressé ce lundi 9 septembre 2019 à la polémique autour de la distance minimale entre les champs traités aux pesticides et les habitations.

PESTICIDES - Le gouvernement a annoncé vendredi 20 septembre qu'il fixait les distances entre les lieux d’épandage de pesticides et les habitations à 20, 10 ou 5 mètres selon les cultures. Des chiffres bien loin des 150 mètres souhaités par des associations environnementales et des maires.

L’épineuse question de la distance entre la pulvérisation des pesticides et les habitations a été tranchée par le gouvernement. Dans un communiqué conjoint publié vendredi 20 décembre, les ministères de la Transition écologique et solidaire, de la Santé et de l’Agriculture ont annoncé avoir fixé plusieurs distances minimales, selon les cultures pulvérisées et les produits utilisés. 

Une distance incompressible de 20 mètres sera fixée pour les produits les plus dangereux. Elle sera de 10 mètres pour les cultures hautes (arboriculture, viticulture, arbres et arbustes, petits fruits et cultures ornementales de plus de 50 cm de hauteur, bananiers et houblon) et de 5 mètres pour les autres cultures. La mesure doit entrer en vigueur par un décret et un arrêté dès le 1er janvier 2020, sauf pour les parcelles déjà semées, qui seront concernées seulement au 1er juillet 2020, hormis pour les substances les plus préoccupantes. 

Des aménagements par les préfets - c’est à dire des réductions de distance - seront toutefois possibles grâce à des chartes d’engagements s’agissant des distances fixées à 10 ou 5 mètres. Ces chartes devront être soumises à une concertation publique avant d’être édictées au niveau départemental. 

Lire aussi

Le maire de Langouët insatisfait par l'annonce

Bien que revues à la hausse par rapport aux premières préconisations d’Edouard Philippe en septembre dernier, ces distances sont bien loin des 150 mètres souhaités par des associations telles que France Nature Environnement ou certains élus. C’est le cas du maire de Langouët Daniel Cueff ou de l'édile de Parempuyre Béatrice François, qui ont pris dernièrement des arrêtés en ce sens (annulés depuis par le tribunal administratif).

Sollicité par LCI, Daniel Cueff s’est dit insatisfait par l’annonce, qu’il venait tout juste d’apprendre. "Les substances dangereuses, c’est seulement 0,03 % des produits utilisés", a déploré l’élu avant de confier sa méfiance envers les consultations publiques, auxquelles seront soumises les chartes d’engagements. "Le gouvernement n’a jamais publié les résultats des 50 000 contributions (de la concertation lancée, ndlr)".  

Pour contrer la colère prévisible des agriculteurs, le gouvernement a également annoncé confier une enveloppe de 25 millions d’euros à FranceAgriMer pour les accompagner dans cette transition et particulièrement les filières viticulture, arboriculture et maraîchage, "identifiées comme nécessitant un soutien prioritaire de l’Etat".  

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

"Jean Moulin était un scientifique" : les perles du test de culture G des candidates à Miss France

Non, l'application TousAntiCovid ne sera pas indispensable pour entrer dans un supermarché

EN DIRECT - Mort de VGE : l'ancien Président sera enterré à Authon ce samedi

Un troisième mystérieux monolithe de métal découvert, en Californie cette fois

Qui est l'immunologue Alain Fischer nommé "monsieur vaccin" du gouvernement ?

Lire et commenter