Europacity : Emmanuel Macron abandonne définitivement le projet de complexe de loisirs

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URBANISATION - Le président a décidé d'abandonner le projet de mégacomplexe de loisirs et de commerces Europacity, au nord de Paris, qu'il juge "daté et dépassé", a annoncé l'Élysée jeudi 7 novembre. Emmanuel Macron veut "réfléchir à un projet alternatif plus vaste que le triangle de Gonesse".

Emmanuel Macron a tranché : le mégacomplexe de commerces et de loisirs Europacity, dont la construction était prévue au nord de Paris, ne se fera pas. L'Élysée a annoncé jeudi 7 novembre l'abandon définitif du projet, lors de la troisième réunion du Conseil de défense écologique, un conseil restreint des ministres. La première réunion en mai dernier avait donné lieu à la fin du projet minier de la Montagne d'or en Guyane. Europacity a été jugé par le président comme "daté et dépassé", confirmant une information du Monde. Le chef de l'État compte également "réfléchir à un projet alternatif plus vaste que le triangle de Gonesse", territoire du Val d'Oise où était censée se construire la zone d'aménagement concertée (ZAC), poursuit l'Elysée. 

Les réactions politiques n'ont pas tardé après l'annonce de l'Elysée. Notamment le maire socialiste de Gonesse Jean-Pierre Blazy qui a dénoncé le fait que "le gouvernement sacrifie notre territoire au nom d'une vision uniquement symbolique de l'écologie". La maire de Paris Anne Hidalgo s'est quant à elle félicitée "de l'abandon de ce projet d'un autre temps : face à l'urgence climatique, préserver les terres agricoles est une nécessité". "Enfin !", a réagi l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot, applaudissant la mesure  : "Des années de lutte, de résistance, de mobilisation et surtout de pédagogie et de construction d'un projet d'agriculture paysanne alternatif sont récompensées !"

Un projet lancé il y a plus de dix ans

C'est après les émeutes de 2007 à Villiers-le-Bel (Val d'Oise) que l'Etat avait décidé de développer un complexe vaste de 280 hectares, donc 80 hectares pour Europacity, dans le Triangle de Gonesse. L'objectif était de dynamiser le territoire en y créant de l'activité économique. Financée par Immochan, la filiale immobilière d'Auchan devenue Ceetrus, et par le conglomérat chinois Wanda à hauteur de 3,1 milliards d'euros, la ZAC ambitionnait d'attirer près de 30 millions de visiteurs annuels et était supposé voir le jour en 2027. Lancé depuis plus de dix ans, Europacity a déjà coûté plusieurs dizaines de millions d'euros à ses promoteurs. 

Au mois de septembre, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne avait reçu l'ensemble des acteurs du dossier controversé. Europacity était largement soutenu par des élus locaux mais combattu par une opposition multiforme, composée d'organisations écologistes et d'associations de commerçants. Face à l'opposition environnementale, une nouvelle version du projet, intitulée "zéro carbone dès 2027", avait été présentée début octobre et prévoyait ainsi la plantation de 4 000 arbres, la création de 80 hectares d'espaces naturels et la réduction des surfaces commerciales.

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