Face à la canicule, la ville priée de se transformer

Face à la canicule, la ville priée de se transformer

CANICULE - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "Vivons la nature en ville" et plus généralement de l’environnement. Les vagues de chaleur devraient se multiplier avec le réchauffement climatique. En ville, il n’est pas simple de trouver un peu de fraîcheur pendant ces épisodes de canicule. Végétalisation, déminéralisation des sols… Des solutions existent pour faire baisser le mercure en milieu urbain.

Juillet 2019, l’Europe suffoque. Le mercure dépasse les 40°C dans l’ouest de la France le 23 juillet. Ce jour-là, il n’a jamais fait aussi chaud sur l’ensemble du territoire depuis 2003. Avec le réchauffement climatique, les vagues de chaleur devraient être de plus en plus intenses et récurrentes. Si rien n’est fait au niveau des politiques conduites –et l’Accord de Paris prévoyant de limiter la hausse des températures à 1,5°C d’ici 2100 n’est pour l’instant pas respecté par les Etats- il faudra donc s’habituer à vivre des étés parsemés d’épisodes de fortes chaleurs. 

Il y a là un enjeu majeur de ces prochaines années pour les politiques d’urbanisme : façonner l’espace urbain de sorte à ce qu’il soit adapté aux épisodes de chaleur. Car lorsque l’on habite en ville, trouver un peu de fraîcheur en plein été devient une épreuve de tous les instants. 

Végétaliser : évaporer pour rafraîchir

La lutte contre les îlots de chaleur (il fait plus chaud dans le centre qu’aux abords des villes, près du sol) peut se faire de différentes manières. D’abord, la température peut baisser grâce à la végétalisation. La présence d’arbres, qui vont transpirer, permettent alors un rafraîchissement adiabatique, c’est-à-dire un rafraîchissement de l’air par évaporation. 

Dans le cadre de sa campagne pour les municipales, la maire PS de Paris Anne Hidalgo propose une "végétalisation massive" de la capitale : plantation de 170.000 arbres dans la capitale en six ans, "partout où c’est possible", création d’une centaine de "mini-forêts urbaines" ou de "dizaines de rues végétales". De fait, l’écologie et le verdissement de la ville se sont imposés dans cette campagne, les candidats misant de plus en plus sur ces thématiques. Comme nous le détaillait Fabien Gantois, architecte et président de l’ordre des architectes d’Ile-de-France, si "tous les candidats pensent à planter", la réalité peut s’avérer plus compliquée puisqu’il y a de moins en moins de place dans le sol. 

Les sols des villes, capteurs de la chaleur

Dans le cas où la végétalisation n’est pas possible, l’espace urbain peut être rafraîchi par la déminéralisation du sol, c’est-à-dire le remplacement du béton et de l’asphalte par du sol naturel ou des pavés, là où l’eau peut s’infiltrer. À Paris par exemple, le bitume qui revête la grande majorité des rues ne permet pas d’absorber les eaux de pluie. Une trentaine de cours d’écoles ont été ainsi transformées par la ville en 2018 et 2019 afin de faire face aux périodes de fortes chaleurs. Ces "cours Oasis" ont accueilli davantage de végétation mais aussi des points d’eau et un sol perméable et plus clair. À Bordeaux également, l’idée a fait son chemin et la municipalité a engagé la transformation de plusieurs cours de récréation, avec notamment l’humidification des sols grâce à un réservoir d’eau souterrain dans l’une d’elles. 

De plus, la couleur choisie pour le revêtement du sol est un enjeu de taille pour faire baisser la température. À Los-Angeles, qui a choisi en 2017 de repeindre certaines de ses routes en blanc, le thermomètre a chuté de 10°C par endroits. "Lorsque l’on pose encore de l’asphalte noir dans une ville, je me dis qu’il y a un problème. La ville de demain, ce n’est pas une ville noire, c’est une ville blanche", confiait Fabien Gantois. En France, aucune grande ville n’a encore pris l’initiative de repeindre ses rues. 

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Comme chaque année depuis 15 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La nature et la ville seront au cœur de l’actualité en 2020, une année décisive pour le climat et la biodiversité. Comment les villes de demain assureront-elles bien-être et santé à tous les citadins ? De nombreux défis restent à relever afin de transformer nos conditions de vie en ville : limiter l’étalement urbain, lutte contre le changement climatique, réduction de la pollution, gestion des déchets, accès à une alimentation saine, constructions durables…" Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 23 mars 2020.

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

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