Fessenheim : l'avenir du premier réacteur dans les mains de ses salariés

Fessenheim : l'avenir du premier réacteur dans les mains de ses salariés
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NUCLÉAIRE - Dans quelques heures débutera l'arrêt du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim. Prévue dans la nuit de vendredi à samedi, cette fin pourrait être retardée, certains salariés menaçant de ne pas appliquer les procédures d'arrêt afin de se faire entendre par la direction.

Le point final devient point d'interrogation. Alors que le réacteur numéro 1 de Fessenheim, en Alsace, doit être mis à l'arrêt à partir de ce vendredi 21 février, certains salariés menacent de désobéir. Ce soir, la doyenne des centrales nucléaires françaises retient donc son souffle. 

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Désobéir pour se faire entendre

Normalement, une équipe dite "de quart", composée de dix à quinze à personnes, doit initier vers 20h30 le processus d'arrêt du réacteur. Comme l'explique une source syndicale au sein de la centrale à l'AFP, si la soirée suit son cours normalement, la puissance du réacteur doit baisser progressivement jusqu'à 2h30. Une procédure en tout point identique à celle d'une opération de maintenance classique. Excepté que, cette fois-ci, aucune remise en service n'aura lieu. Le réacteur numéro 1 de la centrale alsacienne sera déconnecté du réseau électrique national lorsqu'il sera descendu à 8% de sa puissance habituelle.

Sans aucun doute, ce geste pour "découpler définitivement" le réacteur sera "quelque chose de très difficile à vivre", explique cette source syndicale. Mais si, au sein des équipes, la fermeture de la centrale divise, ce n'est pas que par nostalgie. Loin de là. Certains menacent de ne pas appliquer les procédures d'arrêt du réacteur afin de faire pression sur la direction. Ils veulent en effet utiliser ce levier afin d'obtenir un meilleur accompagnement social, notamment en gardant des emplois dans la région. 

Ce ne sont plus des menaces, ça va se faire ! - Un agent d'exploitation non syndiqué auprès de DNA

D'après eux, la direction a été prévenue dès samedi dernier de l'éventualité d’une telle action mais a fait la sourde-oreille. "On a envoyé un courrier avec nos revendications, comme quoi le compte n'y était pas", a ainsi déclaré un agent aux Dernières nouvelles d'Alsace. Selon le quotidien local, les équipes, qui discutent avec la direction, font savoir que "la baisse de charge prévue à 19h n'aura pas lieu et que, par conséquent, la tranche 1 ne sera pas retirée du réseau à 2h30".

Une action "impensable"

Ceci dit, pour un autre agent, une telle action est "complètement impensable". "C'est une question d'honneur. Le travail sera fait et bien fait. Tout le monde suivra les ordres". Des ordres qui viennent de haut. "Je compte sur le professionnalisme des salariés d'EDF", a fait savoir ce vendredi Elisabeth Borne, la ministre de la Transition écologique. "Je n'ai pas de doute que ceux qui démontrent depuis plus de quarante ans leur professionnalisme et leur engagement sur ce site auront à cœur que cette étape se passe dans les meilleures conditions".

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Pour le moment, si le processus est retardé, les salariés restent dans la légalité. Comme l'explique le quotidien alsacien, l'arrêté décidant d'éteindre le site évoque la date du 22 février sans donner d'heure exacte. Les équipes ont donc jusqu'à minuit pour mettre fin à des années de débat. 

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