Forages en Guyane : Total n'a pas trouvé de pétrole et abandonne les recherches

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ÉNERGIE - La compagnie pétrolière française a annoncé la fin "des opérations de forage" exploratoires débutées mi-décembre au large de la Guyane, faute de résultat. Les autorisations de forage accordées par les autorités avaient créé la controverse, après le vote de la loi Hulot censée interdire l'exploitation des hydrocarbures.

Après des mois de débats sur l'opportunité ou non d'exploiter du pétrole au large de la Guyane, le débat est clos faute de... pétrole. Total a annoncé mercredi soir la fin "des opérations de forage" exploratoires débutées mi-décembre au large de la Guyane, faute de résultat. "Nous n'avons pas trouvé d'hydrocarbures en effectuant ce forage et nous avons arrêté les opérations en début de semaine. Nous sommes très déçus par ce résultat", a déclaré Olivier Wattez, le directeur général de TEPGF.

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Je pense même qu'il s'agissait du dernier puits d'exploration en France- Olivier Wattez

Le groupe pétrolier français avait reçu l'autorisation du préfet de Guyane le 22 octobre pour chercher du pétrole dans une zone située à 150 km des côtes guyanaises et à 2.000 mètres de profondeur. "Nous avions un arrêté préfectoral pour réaliser cinq forages mais le premier forage devait être concluant pour pouvoir ensuite en réaliser un second, un troisième, un quatrième puis un cinquième afin de confirmer la découverte", a expliqué M. Wattez. Si du pétrole avait été découvert, Total aurait "passer d'un permis d'exploration à une concession d'exploitation", a-t-il précisé.

"Je pense même qu'il s'agissait du dernier puits d'exploration en France", a affirmé le directeur général de TEPGF. "Notre permis d'exploration s'éteint le 1er juin. Demander une extension de ce permis ou un autre permis d'exploration, ce n'est plus possible depuis la loi Hulot de décembre 2017. Pour pouvoir prétendre à une concession, il aurait fallu faire une découverte."

La loi Hulot prévoit en effet un arrêt progressif de la recherche et de l'exploitation des hydrocarbures en France à l'horizon 2040. Mais Total avait bénéficié, trois mois et demi avant son vote, d'un arrêté par lequel le gouvernement prolongeait à titre exceptionnel son permis exclusif de recherche de mines hydrocarbures "Guyane maritime", transféré à la société TEPGF, ce jusqu'au 1er juin 2019.

En 2011, on croyait avoir trouvé enfin un gros gisement de pétrole exploitable en France

Si Total cherchait du pétrole dans cette zone, c'est parce qu'une première campagne d'exploration menée en 2011 en partenariat avec Shell et Tullow Oil avait suscité beaucoup d'espoir pour les compagnies pétrolières. Du pétrole avait été trouvé par un premier forage, mais les suivants avaient échoué, ce qui a conduit au retrait des deux partenaires de Total. Le pétrolier français aurait investi 100 millions dans ces recherches infructueuses, selon Guyane 1ère.

Fin octobre 2018, le préfet de Guyane de fin octobre 2018 avait donc autorisé les travaux de forage exploratoire pour une ultime tentative. Plusieurs associations écologistes, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, s'étaient alors soulevé contre cette décision, mais leurs deux recours en justice ont été rejetés par le tribunal administratif de Cergy Pontoise début 2019.

L'abandon des recherches sonne donc comme une victoire sur tapis vert pour les opposants au forage. "C'est une bonne nouvelle pour l'environnement. Il y avait un risque fort, avec la biodiversité remarquable, d'une marée noire et à plus long terme d'une exploitation intensive", a réagi François Chartier, chargé de campagne Océans à Greenpeace, dans Les Échos.

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