Fuite d'hydrocarbures dans les Yvelines : le préfet recommande de ne pas boire l'eau des puits, Total se veut rassurant

Planète
DirectLCI
PRÉCAUTIONS - Des représentants de Total ainsi que le préfet des Yvelines se sont voulus rassurants, ce mardi 5 mars, lors de la réunion d'informations concernant la pollution aux hydrocarbures suite à la rupture d'un pipeline en février dernier. Reste que des précautions doivent être prises.

Ils se sont voulus rassurants. Des représentants de Total et le préfet des Yvelines tenaient une réunion d'information, à Antouillet, ce mardi 5 mars. Une réunion qui visait à informer les habitants des dégâts survenus après la rupture d'un pipeline d'hydrocarbures dans le département un peu plus d'une semaine auparavant. 


Une faille, détectée le 24 février sur l'installation reliant Le Havre (Seine-Maritime) à Grandpuits (Seine-et-Marne), a provoqué la fuite de 900 m3 de pétrole brut, avant qu'elle ne soit colmatée définitivement le 26 au petit matin. Une zone de huit hectares a été touchée par la pollution dont plusieurs rus et un ruisseau. Deux agriculteurs ont vu l'ensemble de leurs récoltes détruite.

Un peu plus de dix jours après ce déversement, Total l'assure, "des prélèvements d'eau ont été réalisés et les premiers résultats sont rassurants". Selon Arnaud Dumas, directeur de la plateforme Grandpuits-Gargenville chez Total, "depuis le 27 février, un bassin de rétention a permis de bloquer tous les hydrocarbures" et "650 m3 de pétrole brut mélangés à de l'eau ont été pompés", précisant que le volume de terre impacté "est inférieur à 30.000 m3". 

Selon Total, la pollution n'a pas touché la nappe phréatique

C'est une filiale de Total, Retia, qui est chargée de la dépollution et du traitement des terres polluées. Une partie de celles-ci devrait d'ailleurs être incinérée, l'autre devrait être traitée en biocentre. Total "recherche actuellement des terres de remplacement" et "renouvelle ses excuses", a assuré Arnaud Dumas. "Le délai estimé pour enlever les terres est de l'ordre de quatre mois", a avancé un représentant de Retia. "On a la chance que la pollution ne soit pas entrée dans la nappe phréatique", a-t-il affirmé.

"Ne pas utiliser les puits par précaution"Le préfet, Jean-Jacques Brot

Si la nappe phréatique ne semble pas touchée, le préfet, Jean-Jacques Brot recommande toutefois de suivre les indications de l'Agence régionale de Santé et de ne "pas utiliser les puits par précaution" dans la commune de Vicq. Plusieurs personnes ont aussi relevé la volatilité du produit. "On a tous senti l'odeur de pétrole, ça a duré plusieurs nuits, quelles sont les conséquences pour nous ?", a demandé un habitant. D'après Florence Poncet, chercheuse au Cedre et experte en pollution accidentelle, même si le produit est particulièrement volatile, "on est dans des milieux très ouverts, très ventilés", le risque pour la santé est donc faible.


A propos des conséquences sur la faune et la flore, deux kilos de petits poissons morts ont été collectés, ainsi que deux canards et deux poules d'eau, d'après Total. Mais "pas mal de plan d'eau sont propres aux alentours donc la faune peut se reporter sur ces secteurs", a tempéré Florence Poncet. En attendant, le préfet a indiqué que l'ouverture de la pêche prévue samedi était repoussée sur la zone polluée.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter