Fumées toxiques à Sydney : des médecins alertent sur "une urgence de santé publique"

Fumées toxiques à Sydney : des médecins alertent sur "une urgence de santé publique"
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SMOG - Depuis plusieurs semaines, Sydney suffoque, enveloppée dans un nuage de fumée toxique provoqué par des centaines d'incendies alentour. Ce lundi, plusieurs organisations professionnelles de médecins alertent sur "une urgence de santé publique", alors que des mesures de qualité de l'air onze fois supérieures au seuil de dangerosité ont été récemment enregistrées.

La situation est alarmante. La ville de Sydney, quasiment encerclée par les incendies qui touchent l'est du pays depuis le mois de septembre, suffoque depuis plusieurs semaines dans un épais nuage de fumée. Acre, irrespirable, il paralyse la ville et nuit à la santé de ses cinq millions d'habitants. Ce lundi, plus d'une vingtaine d'organisations professionnelles de médecins ont publié un communiqué commun en qualifiant la situation d'"urgence de santé publique", après que des mesures de qualité de l'air onze fois supérieures au seuil de dangerosité ont été enregistrées. Elles appellent le gouvernement à s'attaquer à cette pollution atmosphérique toxique.

Mercredi dernier, près de 20.000 personnes avaient manifesté dans les rues de la ville pour demander au gouvernement de prendre des mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique, en partie responsable de centaines de feux de forêt dans l'est du pays ces derniers mois. Une mobilisation qui avait convaincu Scott Morrison, le premier ministre australien, a s'exprimer sur le sujet après des semaines de silence. "J'ai vécu toute ma vie, pour ainsi dire, à Sydney, et ce brouillard qui provient des incendies est, je sais, très troublant pour ses habitants", avait-il reconnu.

Des admissions aux urgences en hausse de 25%

Pour protéger tant bien que mal leurs voies respiratoires de cette fumée, les habitants de la plus grande ville australienne sont de plus en plus nombreux à porter des masques. Alors que beaucoup souffrent d'irritations aux yeux, au nez et à la gorge, les services de santé de cet Etat disent avoir enregistré une hausse de 48% du nombre de personnes se rendant aux urgences pour des problèmes respiratoires au cours de la semaine se terminant le 11 décembre, par rapport à une moyenne calculée sur cinq ans. Ce chiffre a atteint les 80% le 10 décembre, jour où la qualité de l'air s'est considérablement détériorée à Sydney. Rien que sur cette journée, 150 ambulances ont été appelées pour des problèmes respiratoires et de l'asthme, rapporte The Sydney Morning Herald.

Une concentration en particules fines plus de 15 fois supérieure à la moyenne dans le centre-ville

Cette  fumée de feux de brousse, alertent les médecins, "est particulièrement dangereuse en raison de niveaux élevés de particules fines PM 2,5", des particules fines dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres. Celle-ci peuvent en effet, explique sur son site l'université australienne de Macquarie, pénétrer profondément dans les poumons, puis dans la circulation sanguine et provoquer des problèmes respiratoires. Une exposition à court terme peut provoquer maux de gorge, toux et écoulement nasal, voire des difficultés respiratoires ou de l'asthme. Le 10 décembre, leur concentration atteignait en moyenne 310 microgramme par mètre cube dans le centre Sydney, contre 17 à 20 habituellement, avec des pics à 2500 μg/m3 dans l'est de la ville et 2200 au nord-ouest.

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Pour éviter une recrudescence de problèmes de santé, les autorités ont recommandé aux personnes les plus vulnérables de ne pas pratiquer d'activité à l'extérieur et ont invité l'ensemble de la population à rester autant que possible à l'intérieur. Un couple a malgré tout tenu à se marier, mardi dernier, sur le front de mer, devant le célèbre pont de Sydney enveloppé dans un épais nuage toxique.

Une ville qui étouffe

Le 10 décembre toujours, ces fumées ont déclenché l'alarme des détecteurs à incendie à travers la mégapole et des immeubles ont dû être évacués. Selon The Sydney Morning Herald, ces fausses alertes ont été huit fois plus nombreuses qu'habituellement. Certaines liaisons en ferries ont été annulées, faute de visibilité suffisante. Sur les réseaux sociaux, les photos des internautes montrent un flagrant changement d'ambiance.

 Les écoles, elles, sont obligées de confiner les enfants lors des récréations, voire de fermer leurs portes. "La fumée est si terrible que l'école de mes enfants ferme et renvoie les élèves à la maison car ils ne peuvent pas chasser la fumée à l'extérieur du bâtiment et que les alarmes incendies ne cessent de sonner", témoigne une mère de famille sur Twitter.

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Près de 100 incendies brûlent encore actuellement dans l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, dont Sydney est la capitale. Des millions d'hectares ont déjà brûlé, dont une partie des parcs naturels régionaux. Plus de 700 maisons ont également été détruites.

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