Glyphosate : sept députés font un dépistage pour pousser le gouvernement à agir

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Le scandale du glyphosate

ACTION - Sept députés s'engagent dans la campagne Glyphosate France, une initiative citoyenne qui vise à analyser les urines des Français pour mesurer le taux de glyphosate. Lancée en Ariège, elle s'est étendue à 55 départements de métropole et d'outre-mer. Parmi les personnes testées, 645 ont déposé plainte pour pousser les autorités à agir.

Ce mercredi matin, avant de se rendre à l'Assemblée, sept députés ont fait un petit détour dans le 19ème arrondissement de Paris pour effectuer... un test urinaire. Le but : mesurer la concentration en glyphosate et prouver que "chaque français testé a du glyphosate dans ses urines", explique l'association à l'initiative de cette action, Campagne Glyphosate France. Les élus mobilisés viennent de tout bords ou presque, on comptait notamment  Delphine Batho (non inscrit), Stella Dupont,  Martine Wonner (LaREM) mais aussi Mathilde Panot et Loïc Prud'homme (LFI).

"Malheureusement, les résultats sont sans surprise : chaque français testé a du glyphosate dans ses urines", poursuit Dominique Masset. "La campagne glyphosate alerte sur le fait que tous les citoyens sont consommateurs passifs de glyphosate. Personne n’y échappe, pas même les personnes mangeant bio, vivant à la montagne ou buvant de l’eau de source." 

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Une fois qu'ils auront reçu les résultats de leurs analyses, la plupart d’entre eux déposeront plainte au pôle Santé du Tribunal de Grande Instance de Paris, assure l'association. Car c'est bien là la démarche de cette campagne nationale : alerter sur le degré de contamination et s'attaquer aux fabricants de pesticides, aux autorités sanitaires françaises et européennes, et aux responsables de son maintien sur le marché. Ils les accusent de mise en danger de la vie d’autrui, tromperie aggravée, et atteinte à l’environnement

Cette initiative citoyenne est née en Ariège mais a rapidement pris une ampleur nationale : des analyses ont été organisées dans 55 départements de métropole et des Outre-mer et ce nombre devrait grossir. Actuellement, sur les près de 700 personnes déjà analysées dans le pays, on relève des taux moyens de 1.06 nanogrammes de glyphosate par millilitre d'urine, "avec un minimum de 0,15 ng/ml et un maximum à 3,91 ng/ml".

L'association compare ces données avec le taux autorisé dans l'eau potable : 0,1 ng/ml.

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Ce désherbant a été classé comme "cancérogène probable" en mars 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), un organe de l'OMC (Organisation mondiale de la santé). Mais les défenseurs du glyphosate ont répliqué par le biais d'autres études scientifiques. La même année, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) estimait ainsi "improbable" cette fois un danger cancérogène pour l'homme, et l'Agence européenne des produits chimiques (Echa) est allée dans le même sens en 2017.

"C’est tout a fait légitime que (les citoyens) s’inquiètent si ils n’ont comme valeur que la limite dans l’eau potable", avance Xavier Coumoul, toxicologue, au micro de TF1. "Lorsque l’on mesure, par des calculs assez complexes, la valeur d’exposition de ces personnes, il faudrait qu’ils soient intoxiqués entre 50.000 et 200.000 fois plus pour qu’il y ait potentiellement un effet toxique."

Faux, réplique le Dr. Joël Spiroux de Vendômois : "c’est une arnaque intellectuelle parce qu’il y a le glyphosate mais aussi les coformulants." Ces coformulants indispensables dans la formule chimique des désherbants incriminés provoque un effet cocktail.  "Les coformulants ont été démontrés comme étant 1000 à 10.000 fois plus toxiques que le glyphosate tout seul", ajoute-t-il.

Les premières plaintes ont été déposées en juin à Foix (Ariège), et transmises au pôle Santé publique du TGI de Paris. D'autres plaintes ont aussi été déposées à Rennes en novembre, à Toulouse et à Lille en février. Au total : ce sont 645 plaintes qui ont été déposées ou sont en cours de dépôt.

Le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait qualifié mi-janvier "d'inquiétante" la présence de glyphosate dans les urines des Français", rappelant que la France s'est engagée à sortir de ce désherbant d'ici à 2021.  Mais les dernières annonces du président sur le sujet font craindre à un recul de cet engagement.

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