Grève pour le climat : "J'espère que cela marquera un tournant pour la société", affirme Greta Thunberg

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ENGAGEMENT - La jeune militante suédoise Greta Thunberg, qui a inspiré les manifestations du vendredi pour le climat, s'est réjouie depuis New York des "millions" de manifestants qui ont défilé à travers le monde. Et a plaidé pour que la mobilisation des jeunes soit prise au sérieux.

Elle ne lâche rien. La militante suédoise Greta Thunberg, 16 ans, a accordé un entretien à l'AFP depuis New York, après une journée qui a vu défiler la jeunesse dans les rues de centaines de villes à travers le monde. "J'espère que cela marquera un tournant pour la société, en montrant combien de personnes s'investissent là-dedans, combien de personnes mettent la pression sur les dirigeants - surtout avant le sommet de l'ONU sur le climat", qui a lieu lundi prochain à New York, a-t-elle déclaré.

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À l'origine des manifestations du vendredi pour le climat, Greta Thunberg s'est réjouie des "millions" de participants de cette dernière journée, et s'est dite "éternellement reconnaissante" envers les militants du monde entier qui l'ont organisée. "Ce n'est pas grâce à moi", ajoute-t-elle. "C'est grâce aux milliers d'organisateurs qui ont passé je ne sais combien d'heures".

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VIDÉO - Grève pour le climat : le tour du monde des manifestations

Ils ont beaucoup de pouvoir, donc j'essaie de les pousser- Greta Thunberg

Arrivée aux Etats-Unis il y a deux semaines à bord d'un voilier, la jeune fille a martelé son message à des dizaines de dirigeants : il est urgent "d'écouter la science" et de prendre enfin des mesures radicales pour enrayer le réchauffement de la planète. Parmi les chefs d'Etat, dit-elle, certains "semblent plus déterminés que d'autres" à lutter contre le changement climatique, mais "il semble qu'aucun ne soit prêt à dire la vérité, à dire vraiment les choses comme elles sont". Et d'ajouter qu'elle ne leur adresse "pas de reproches", car "ce n'est la faute de personne, c'est la faute du système", même s'ils ont "quand même beaucoup de responsabilités, ils ont beaucoup de pouvoir, donc j'essaie de les pousser".

Parmi ces dirigeants, le président américain Donald Trump, dont le gouvernement a abrogé plusieurs règlements destinés à limiter les émissions américaines de gaz à effet de serre, a décidé de ne pas participer au sommet de l'ONU lundi. Comment réagirait Greta Thunberg à une invitation de ce dernier ? "Je ne sais pas", répond-t-elle. "Ce ne serait pas une haute priorité pour moi."

On dit que nous ne voulons pas nous engager. Mais quand nous essayons d'exprimer nos préoccupations, on se moque de nous.- Greta Thunberg

Pour la suédoise, ce large mouvement montre que les jeunes sont "sous-représentés" dans le monde d'aujourd'hui. "On se moque de nous, on dit que nous sommes paresseux, que nous ne voulons rien faire, que nous ne voulons pas nous engager. Mais quand nous essayons d'exprimer nos préoccupations, on se moque de nous aussi, les gens disent qu'il ne faut pas nous écouter, que nous ne savons rien... donc l'équilibre est assez difficile".

Visée par des critiques de plus en plus violentes à mesure que son influence grandissait, Greta Thunberg répond comme elle l'a déjà fait auparavant : "Ils peuvent me critiquer s'ils veulent, mais je ne vois pas vraiment l'intérêt : il y a tant de choses à faire à part critiquer quelqu'un en ligne. Mais j'y vois aussi un signe positif que nous avons vraiment un impact, et c'est pour cela qu'ils ressentent le besoin de nous rabaisser."

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