Huile de palme : Greenpeace accuse le fabricant d'Oreo d'avoir détruit 25.000 ha de forêts abritant des orangs-outans

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DÉFORESTATION - L'organisation environnementale révèle que le géant de l'alimentaire Mondelez a causé la destruction de 70.000 hectares de forêts tropicales en Indonésie, dont 25.000 abritant des orangs-outans, une espèce en voie d'extinction.

Greenpeace lancera samedi 17 novembre une nouvelle campagne dans plus de 25 villes de l'Hexagone pour dénoncer le "goût déforestation" des biscuits Oreo et sensibiliser les consommateurs à la protection des forêts tropicales. Si ces biscuits sont particulièrement visés, c'est que de nouvelles analyses réalisées par l'ONG dévoilent qu'en l'espace de seulement deux ans - de 2015 à 2017 - leur fabricant s'est rendu responsable de la destruction de 70.000 hectares de forêt tropicale en Indonésie, une surface grande comme sept fois Paris.

Pour fabriquer des biscuits Oréo ou encore des barres chocolat Cadbury, le géant de l'alimentaire Mondelez utilise de l'huile de palme, beaucoup d'huile de palme, au point d'être aujourd'hui l'un des plus gros acheteurs mondiaux de ce produit. Pour se fournir, il s'appuie sans grande surprise sur un mastodonte du secteur : le plus gros négociant d'huile de palme au monde, Wilmar International. Problème : ce fournisseur s'approvisionne malheureusement "toujours auprès de producteurs responsables de déforestation", regrette Greenpeace.

De nombreux producteurs peu scrupuleux détruisent de larges parts de forêts pour les transformer en plantation, comme c'est le cas sur la photo ci-dessous, prise dans la province de Kalimantan. Un désastre environnemental qui s'accompagne bien souvent d'incendies durant la saisons sèche, en raison du défrichement illégal.

Cette situation a conduit l'Indonésie, premier producteur d’huile de palme de la planète, à émettre plus de gaz à effet de serre que les États-Unis d'Amérique au cours de l'année 2015.

"Les forêts tropicales sont essentielles à la planète : les détruire pour de l’huile de palme aggrave la crise climatique et contribue à l’extinction d’espèces animales", souligne ainsi Cécile Leuba, chargée de campagne Forêts chez Greenpeace France. "Mondelez et les autres multinationales agro-alimentaires doivent se réveiller : elles doivent cesser de traiter avec Wilmar jusqu’à ce que ce négociant puisse prouver que son huile de palme ne contribue pas à la déforestation".

Les orangs-outans sont sacrifiés pour des biscuits- Kiki Taufik, responsable de la campagne forêts - Greenpeace Indonésie

"Alors qu’elle s’était engagée il y a presque dix ans à se fournir uniquement en huile de palme n’ayant pas contribué à la déforestation, la multinationale Mondelez commerce encore avec des producteurs qui déforestent", regrette Kiki Taufik, responsable de la campagne forêts à Greenpeace Indonésie, dans un communiqué. 

Aux risques climatiques s'ajoutent un autre danger : s'appuyant sur différentes études scientifiques, l'ONG souligne "la menace que fait peser la déforestation due à la culture de l’huile de palme sur les orangs-outans" - une espèce en voie d'extinction qui n'existe à l'état sauvage que sur les îles de Sumatra et Bornéo, en Indonésie et en Malaisie. Une étude internationale récente estime notamment que 100.000 orangs-outans ont disparu entre 1999 et 2016, soit 50% de leur population.

"L’huile de palme peut être produite sans détruire les forêts et les espèces qui y vivent, contrairement à ce que continuent de faire les fournisseurs de Mondelez. Les orangs-outans sont aujourd’hui au bord de l’extinction : ils sont sacrifiés pour des biscuits", conclut Kiki Taufik

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