Hulot appelle les banquiers à arrêter d'investir dans "des projets inutiles et climaticides"

Hulot appelle les banquiers à arrêter d'investir dans "des projets inutiles et climaticides"

FINANCE VERTE - Invité à prendre la parole lors d’une conférence organisée par la Banque de France, Nicolas Hulot en a appelé à la prise de conscience des investisseurs pour décarboner le système financier. Le changement climatique est le plus gros problème des banques centrales, selon l’ancien ministre de l’Environnement.

"Le changement climatique est l’autre nom de la déstabilisation financière." Le message adressé par Nicolas Hulot aux acteurs financiers, présents à la Banque de France vendredi 13 décembre, est on ne peut plus clair. Pour l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire, climat et finance ne font qu’un. "À tous ceux qui doutent du fait que le changement climatique soit le problème des banques centrales, je dis très clairement que c’est certainement leur plus gros problème", a-t-il asséné, prévenant que "la stabilité financière a besoin d’une boussole pour que la prochaine crise ne soit pas climatique". 

Nicolas Hulot, qui se consacre désormais à la Fondation portant son nom, était invité à participer à une conférence organisée par la Banque de France, intitulée "Changer d’ère". Autour de la table, des universitaires, des économistes et des investisseurs réunis dans le but de "caractériser l’impact du changement climatique sur les systèmes économiques" mais aussi de se pencher sur "la contribution du secteur financier" dans sa lutte. 

Une finance ultra-carbonée bien difficile à verdir

"La banque de France abrite les meilleurs cerveaux de la planète", a estimé l’ancien ministre, volontiers flatteur à l’égard de l’institution, tout en soulignant le poids des acteurs financiers sur le sujet climatique. "Ce que vous dites peut avoir valeur de norme. (…) Mon rôle est de dire que la consommation d’énergie détruit notre avenir, le vôtre est de dire que le surinvestissement dans les énergies fossiles fera peser sur le système financier la même menace que les subprimes (importante crise financière de 2007, NDLR)."

S’appuyant sur le dernier rapport d’Oxfam et des Amis de la Terre, Nicolas Hulot a dénoncé l'importante part encore accordée par les investisseurs aux énergies fossiles, "des projets inutiles et climaticides". Puis a salué la volonté affichée de Christine Lagarde, nouvelle présidente de la Banque centrale européenne (BCE), de verdir le système en favorisant le rachat de titres finançant des énergies vertes plutôt que ceux liés à l’extraction d’énergies fossiles. Vue "la taille des actifs carbonés dans le bilan de la BCE, les choses ne peuvent changer du jour au lendemain", a toutefois reconnu Christine Lagarde, qui a huit ans pour limiter l'empreinte carbone des banques centrales. 

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Nicolas Hulot, qui connait bien les rouages de la politique puisqu’il a passé plus d’un an au ministère de la Transition écologique avant de démissionner, a ciblé l’Etat lui-même, considérant son action bien trop minime au regard de l’urgence actuelle : "Pour donner le vrai prix à la pollution et l’impact sur le climat et la biodiversité, elle peut utiliser ses trois armes : investir, légiférer et taxer. On ne pourra pas l’emporter à coups de taxe carbone". 

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