Il est l'un des 150 citoyens tirés au sort pour le climat : comment la vie de Grégoire a changé

Il est l'un des 150 citoyens tirés au sort pour le climat : comment la vie de Grégoire a changé

TIRÉ AU SORT - Emmanuel Macron s'est exprimé ce vendredi devant les 150 Français tirés au sort parmi 250.000 noms pour participer à la Convention citoyenne sur le climat. Parmi eux figurait Grégoire, 31 ans. Autrefois très loin des questions d'écologie, ce jeune Français a changé ses habitudes de vie. Il nous raconte.

Il y a des expériences qui changent une vie et la Convention citoyenne pour le climat en est une pour Grégoire, 31 ans. C’est un simple SMS qui lui notifie il y a cinq mois sa sélection parmi 250.000 noms, se plait-il à raconter, alors qu’il n’a pas la moindre idée de l’initiative lancée par Emmanuel Macron à l’issue du Grand débat. Après une rapide recherche sur Internet, ce secrétaire d’une fédération d’aide à la recherche d’emploi accepte l’opportunité, "plus par civisme que par intérêt pour la cause climatique". 

Ayant peu d’appétence pour ces sujets-là, Grégoire s’engage tout de même à participer à la Convention aux côtés de 149 autres citoyens tirés au sort. Ensemble, ils doivent s’évertuer, en l’espace de sept sessions d’octobre à avril, à proposer une série de mesures permettant de réaliser la transition écologique. Des mesures devant aller ensuite "sans filtre, au Parlement, au référendum ou à une application réglementaire directe", a promis le chef de l’Etat qui doit leur rendre visite ce vendredi 10 janvier au Conseil Economique, Social et Environnemental. 

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"Je ne faisais pas plus d'efforts que ça. En tout cas, ça c’était avant"- Grégoire, citoyen tiré au sort

"L’environnement était pour moi un sujet parmi d’autres. Je faisais attention, je savais que quelque chose de grave se jouait mais je ne faisais pas plus d’efforts que ça", confie Grégoire, avant d’ajouter aussitôt : "En tout cas, ça c’était avant." Voilà seulement trois mois que la Convention a débuté mais déjà, ce dernier a progressivement opéré une prise de conscience écologique à force de travail, de lectures et d’auditions d’experts. "On a tous quelque chose à changer dans notre manière de consommer, de vivre. Et ça, je n’en avais vraiment pas conscience." 

Aujourd’hui, Grégoire, domicilié près de Caen, a changé son mode de vie : "Je fais beaucoup plus attention à ce que j’achète en privilégiant le local, j’ai changé mon fournisseur d’électricité pour passer au renouvelable, ça coûte un peu plus cher mais je suis prêt à le faire. J’avais des envies d’aller visiter certains pays mais mes prochaines vacances se passeront en France pour éviter d’exploser mon bilan carbone avec un aller-retour en avion." Malgré cette nouvelle vie, Grégoire refuse qu'on lui accole l'étiquette d'écolo, trop connotée politiquement. Mais se dit "pour que l'écologie soit partout". 

"C’est maintenant ou jamais. On a beaucoup attendu, maintenant il faut agir", estime-t-il, tout en ajoutant que la transition écologique doit se faire sans brusquer personne, "à marche rapide et non à marche forcée". Selon lui, le mois d’avril sonne le glas pour le gouvernement de concrétiser en actions les mesures soumises par la Convention citoyenne : "Dans d’autres pays, ça bouge et en France, il nous manque toujours cet élan." 

Parmi les propositions que Grégoire aimerait mener à terme, il y a la modification de la Constitution, avec l'inscription de la notion de préservation de l'environnement, et la lutte contre l'artificialisation des sols. En attendant, les 150 citoyens ont encore du pain sur la planche et le gros du travail se joue entre chaque session, où pas une journée ne se passe sans qu'ils n'échangent sur la conduite à suivre. "Les sessions de la Convention sont en réalité des temps de pause et de restitution", décrit le jeune Normand. 

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On sait pourquoi on le fait : pour une cause qui en vaut la peine.- Grégoire, citoyen tiré au sort

Conscient que le temps est compté, Grégoire y met toute son énergie, essayant d’empiéter le moins possible sur son travail et sa vie de famille. "Plutôt que de faire mon jardinage, du rugby le dimanche matin, mon temps je le consacre à l’environnement. C’est un temps court, ça dure six mois, alors ma femme accepte que je sacrifie des soirées et des week-ends."

Ce temps-là est même devenu "une passion, un hobby", assure le jeune homme. "On sait pourquoi on le fait : pour une cause qui en vaut la peine." Pour autant, Grégoire ne considère pas chanceux d'avoir été sélectionné. En réalité, il voit surtout cette mission de six mois, non rémunérée, comme une "charge" : Je ne suis pas plus légitime qu’un autre. J’étais dans ma petite vie, je retourne dans ma petite vie en avril. À la fin en avril, peut être que je considérerai avoir eu la chance d’y participer parce qu’on aura réussi. En revanche si l’on échoue, ce sera notre responsabilité. À nous de l'assumer." 

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