Ile Maurice : quel avenir pour l'épave du Wakashio ?

Ile Maurice : quel avenir pour l'épave du Wakashio ?

POLLUTION - L'opération de remorquage de l'avant du navire Wakashio, échoué au large de l'île Maurice, a débuté mardi 18 août. Tirée vers le large, cette partie avant sera coulée à une profondeur d’environ 2000 mètres alors que la partie arrière restera sur place.

Une décision qui ne ravit pas les défenseurs de l'environnement. Conformément à la décision prise par le Comité national de gestion des crises du gouvernement, l'arrière du bateau japonais Wakashio, à l'origine de la marée noire sur l'île Maurice, est en pleine opération de remorquage au large des côtes. L'objectif : lui faire subir une "océanisation", c'est-à-dire couler sciemment la partie d'une épave. Une solution qui intervient moins d'un mois après l'échouage du vraquier survenu le 25 juillet dernier.

Ainsi, les deux tiers avant de l’épave ont commencé à être remorqués au large des côtes mauriciennes à huit milles marins de la limite extérieure du récif, soit environ 14 kilomètres. Une fois la zone atteinte, cette section du Wakashio sera coulée, conformément à l'opération, et reposera ainsi à 2.000 mètres de profondeur, pour l'éternité. 

Comme on peut le voir sur ces images partagées sur la page Facebook de Mobilisation Nationale Wakashio, la proue sectionnée est tractée par deux remorqueurs. 

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Île Maurice : la crainte d'un désastre écologique

La partie arrière restera sur place

Actuellement sur le récif, la partie arrière restera, elle, sur place en raison des huiles résiduelles contenues dans la salle des machines et devant être pompées.

Cette opération délicate est assurée par l'entreprise néerlandaise Smit Salvage. Spécialisée dans le renflouement des navires, elle avait la charge des épaves du navire de croisière Costa Concordia en 2012 ou encore du Prestige, à l'origine d'une marée noire en France et en Espagne en 2002. 

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Une décision que n'envisageait pas la France

En déplacement à l'île Maurice dimanche 16 août, le ministre français de l'Outre-mer Sébastien Lecornu avait exprimé ses réticences vis-à-vis de cette solution ; la France défendant "une approche très environnementale et très en protection de la biodiversité" proposait plutôt de "remorquer l'avant et le déconstruire ailleurs". Une démarche qui "prendrait plus de temps", avait-il reconnu. 

Par ailleurs, sur le risque de voir des boulettes d'hydrocarbures arriver sur les côtes réunionnaises, il avait souligné qu'"aucun dépôt de ce type" n'avait pour l'heure été repéré, et qu'il ne s'agirait de toute façon pas "d'une marée noire de type Amoco Cadiz ou Erika" - deux pétroliers dont les naufrages avaient provoqué des marées noires très graves sur les côtes atlantiques françaises en 1978 et 1999. Pour la simple et bonne raison que le navire japonais échoué à Maurice s'avère un vraquier et que "les nappes d'hydrocarbures qui se sont écoulées sont issues du fioul domestique du navire".

Le Wakashio s'est échoué le 25 juillet, au large du parc martin de Blue Bay. Près de 4.000 tonnes de mazout, 207 tonnes de diesel et 90 tonnes d'huile lubrifiante se trouvaient à bord.

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