Incendie à Rouen : la quantité autorisée de produits dangereux dans l'usine Lubrizol avait récemment été augmentée

Planète

Toute L'info sur

L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

INCENDIE - L'usine Lubrizol de Rouen avait obtenu l'autorisation en début d'année d'augmenter la capacité de stockage des produits dangereux sur son site. Une décision permise par une loi de 2018 qui assouplit la réglementation en la matière. La préfecture précise cependant que ces autorisations n'ont aucun lien avec le sinistre ni aucune conséquence sur l'incendie.

Cette révélation tombe au plus mal, quelques jours seulement après l'incendie dévastateur de l'usine Lubrizol de Rouen. La préfecture de Seine-Maritime a autorisé à deux reprises en 2019 le site industriel - classé Seveso "seuil haut" - d'augmenter ses capacité de stockage de produits dangereux, révèle lundi le site Actu environnement. Ces feux verts de la préfecture ont été permis par un assouplissement de la réglementation environnementale datant de... 2018.

Lire aussi

Un assouplissement de la législation qui donne les pleins pouvoirs au préfet

Cet assouplissement de la réglementation s'est réalisé en deux temps, comme l'explique sur Reporterre le docteur en droit de l’environnement et spécialiste des installations classées Gabriel Ullmann. D'abord, en août 2016, le gouvernement publie un décret réduisant le périmètre des projets étant soumis à une évaluation environnementale obligatoire dans les installations classées, y compris les Seveso, les plus dangereuses. Ainsi, si ces projets ne consistent qu'en une "modification des installations", comme c'est le cas pour l'usine Lubrizol, ils ne feront donc plus l'objet d'une évaluation systématique par l'autorité environnementale, mais seulement au cas par cas.

Ensuite, en août 2018, la loi "pour un État au service d’une société de confiance" (Essoc) permet que cet examen au cas par cas soit confié au préfet, et non plus à l'autorité environnementale.

Le site Lubrizol de Rouen a donc présenté deux demandes d'augmentation des quantités de substances dangereuses, le 15 janvier et le 19 juin 2019. La première demande porte sur environ 4.000 tonnes supplémentaires de produits inflammables, toxiques ou dangereux pour l’environnement aquatique, et la deuxième demande sur des récipients de stockage. Interrogée au sujet de ces révélations mardi soir lors de sa conférence de presse, le Préfet a confirmé l'existence de ces 2 arrêtés tout en précisant qu'ils n'avaient aucun lien avec l'incendie et n'avaient eu aucune conséquence sur le sinistre. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter