"Megafire" en Australie : comment les feux sont devenus incontrôlables

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L'Australie dévorée par les flammes

ORIGINE - Depuis plusieurs mois, l'Australie est en proie à de violents incendies. Les flammes, qui ont déjà dévasté plus de 5 millions d'hectares, sont notamment attisées par des vents violents, une sécheresse sans précédent ainsi que des températures record. Et le réchauffement climatique n'y est pas étranger.

En Australie, la journée du mardi 31 décembre a été l'une des pires jamais enregistrées depuis le mois de septembre. Alors que des centaines d'incendies ravagent le territoire, quelque 4.000 personnes, prises au piège par les flammes au niveau de la cité balnéaire de Mallacoota, à mi-chemin entre Sydney et Melbourne, ont été contraintes de trouver refuge sur la plage. D'autres ont fui vers le large à bord de leurs bateaux. La veille, environ 100.000 personnes avaient dû fuir cinq banlieues de Melbourne en raison de l'avancée des incendies.

Depuis le mois de septembre, l'Australie fait face à des feux de brousse dont l'intensité n'avait encore été jamais vue. Au moins quatorze personnes y ont perdu la vie, dont trois des 3.000 pompiers qui luttent en permanence contre les flammes parfois hautes de 70 mètres. Au total, plus de cinq millions d'hectares sont partis en fumée, soit l'équivalent d'une superficie plus grande que le Danemark ou les Pays-Bas (en comparaison, 280.000 hectares ont en moyenne brûlé à la même saison les années précédentes). Près d'un millier de maisons ont été détruites. 

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Alors que l'hémisphère nord de la planète vit actuellement à l'heure de l'hiver, l'Australie est en pleine saison estivale. Si les températures élevées, le temps sec et les feux de brousse ne sont pas inhabituels, les conditions météorologiques atteignent cette année des records.

Une sécheresse qui perdure

L’humidité du sol est ainsi à des niveaux historiquement bas dans certaines régions et les précipitations au cours des huit premiers mois de l’année ont été les plus faibles jamais enregistrées dans les plateaux du nord et le sud du Queensland. Cette importante sécheresse est notamment due à un phénomène météorologique appelé le "dipôle de l’océan Indien", équivalent d’El Niño dans l’océan Pacifique. Entré en phase "positive" cette année, il a provoqué une hausse des températures de l’océan, conduisant à une chute des précipitations en Australie.

Cette importante sécheresse est également due à la succession de trois hivers très secs dans le sud-est du pays. Selon un chercheur en climatologie à l'Australian National University interviewé par le Sydney Morning Herald en novembre, "cela ne s'est jamais vu depuis le début des relevés météorologiques". Les précipitations ont été inférieures de 36% à la moyenne sur cette période. Cet hiver, la quasi-totalité de la partie centrale du pays n'a bénéficié d'aucune goutte de pluie, tandis que le sud-est n'en a reçu en grande majorité que de 50 à 100 millimètres. Le mois de novembre a été le plus sec jamais enregistré.

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Des températures qui atteignent des records

Dans le même temps, l'Australie connaît ces derniers mois des températures record, flirtant avec les 50°C dans certaines zones.  Au mois de décembre, le pays a enregistré deux records de chaleur successifs avec, en moyenne sur l’ensemble du pays, 40,9 degrés le 17 décembre et 41,9 degrés le 18 décembre. Le précédent record datait de 2013, avec une température moyenne relevée à 40,3 degrés.

Ce mardi, des pics de 45 degrés sont attendus au centre et au sud-est du pays. Avec la sécheresse, cette chaleur étouffante favorise la prospérité des incendies.

Des vents de près de 100 km/h

Combiné à tout cela, des vents violents sévissent depuis plusieurs semaines à travers le pays et attisent les flammes. Lundi, des rafales de plus de 96 km/h ont été relevées dans certaines régions. Le bureau de météorologie australien avertit ce mardi sur la virulence du vent sur les côtes de Nouvelle-Galles du Sud et aux environs de Sydney, poussant encore un peu plus dans la ville les fumées toxiques qui étouffent les habitants. 

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Le changement climatique également responsable ?

Au-delà de ces conditions météorologiques exceptionnelles, beaucoup estiment que le réchauffement climatique contribue à favoriser les incendies. Le Premier ministre conservateur Scott Morrison a lui-même reconnu, tardivement, un lien. Il s'est néanmoins refusé à revenir sur sa politique favorable à l'industrie minière du charbon, émettrice de 176 tonnes métriques de CO2 par an, selon le Global Carbon Project. Si les émissions de gaz à effet de serre ne provoquent pas elles-mêmes des feux de brousse, elles jouent un rôle dans l'augmentation des températures et contribuent ainsi à la sécheresse qui affecte l'Australie.

Les données du bureau de météorologie australien montrent que le pays s'est globalement réchauffé d'un peu plus d'un degré Celsius depuis 1910, la majeure partie de ce phénomène se produisant depuis 1950.

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