"Megafire" en Australie : une gigantesque évacuation lancée par crainte d'un samedi meurtrier

"Megafire" en Australie : une gigantesque évacuation lancée par crainte d'un samedi meurtrier

MESURES - Après plusieurs mois de feux de brousse, la situation est encore loin d'être sous contrôle en Australie. Ce jeudi, l'État de Nouvelle-Galles du Sud a décrété l'état d'urgence et ordonné l'évacuation forcée de milliers de personnes en vue de la journée de samedi. Le 4 janvier pourrait s'avérer être l'une des pires journées qu'ait connu le pays depuis le début des incendies.

Avant un nouveau pic de chaleur attendu pour samedi, l'État de Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-est de l'Australie, a déclaré jeudi un état d'urgence de sept jours qui autorise les évacuations forcées à compter de vendredi, de crainte que l'intensité des incendies qui ravagent le pays ne s'aggrave encore. La veille du Nouvel an, des feux ont fait d'importants dégâts dans cet État ainsi que dans celui du Queensland, un peu plus au Nord, tuant huit personnes.

Depuis le début de la saison des incendies en septembre, il s'agit de la troisième fois que l'état d'urgence est déclaré en Nouvelle-Galles du Sud, l'État le plus peuplé d'Australie. "Nous ne prenons pas ce genre de décisions à la légère mais nous voulons nous assurer que toutes les mesures nécessaires sont prises pour nous préparer à ce qui pourrait être un horrible samedi", a déclaré Gladys Berejiklian, Première ministre de la Nouvelle-Galles du Sud.

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Depuis le début de la saison des feux, en septembre, au moins 18 personnes sont décédées. Le bilan pourrait néanmoins encore s'alourdir, les autorités de l'Etat de Victoria ayant affirmé ce jeudi que 17 personnes sont portées disparues sur leur territoire. La Nouvelle-Galles du Sud fait également état d'une disparition.

La journée de samedi pourrait être encore plus meurtrière que mardi

Les évacuations doivent se faire avant samedi, où de fortes rafales de vent devraient souffler tandis que des températures supérieures à 40°C sont attendues dans une large partie du pays. La quasi-totalité du sud-est de l'Australie ainsi été placée "à très haut risque", en "risque sévère", voire "extrême" pour les incendies lors de la journée de samedi, qui risque d'être encore pire encore que celle du 31 décembre, la plus meurtrière depuis le début de la crise.

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L'évacuation "la plus importante jamais réalisée dans la région"

Alors que les pompiers s'avouent pour le moment incapables d'éteindre, ou même de contrôler les feux en cours, l'évacuation de la zone interdite aux touristes va être "la plus importante jamais réalisée dans la région", soulignait le ministre des Transports de Nouvelle-Galles du Sud sur la chaîne ABC. Conséquence de quoi, les routes commencent d'ores et déjà à être saturées par le flux de voitures. Une conductrice a ainsi affirmé à l'AFP avoir mis plus de 3 heures pour parcourir seulement 50 kilomètres. 

John Steele, 73 ans, qui vit près de Merimbula, sur la côte sud, a raconté à l'agence de presse que certains "paniquaient" en raison des appels à évacuer : "Il y a tellement de fausses informations sur Facebook et internet". Autre source de craintes pour les habitants et touristes de la région : les réserves de produits frais et d'essence sont presque épuisées. Selon le Guardian, certaines stations-services sont totalement à sec, tandis que d'autres n'autorisent pas plus de 50L d'essence par voiture.

À Mallacoota, une ville touristique côtière située entre Sydney et Melbourne, deux navires ont été dépêchés ce jeudi pour évacuer jusqu'à 4000 de personnes acculées par les flammes. Ils peuvent chacun embarquer 500 à 1000 personnes. Des évacuations par les airs sont aussi prévues pour les plus âgés et les infirmes, indique le Guardian.

Plus de 5,5 millions d'hectares brûlés et la Nouvelle-Zélande enfumée

Depuis le début de la saison des incendies, 5,5 millions d'hectares sont partis en fumée, soit une zone plus vaste que le Danemark ou les Pays-Bas. Plus de 1300 maisons ont été réduites en cendres, affectant la vie de nombreux australiens.  "Il y a deux semaines, ma sœur buvait du champagne sur le perron pour célébrer l'achat de sa première maison. Elle avait commencé à peindre les murs et à faire des plantations dans le jardin. Aujourd'hui, elle est retournée au lac Conjola pour voir ce qu'il en restait - et nous sommes tous désolés pour elle", tweete ainsi une femme ce jeudi.

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La fumée âcre, qui affecte une bonne partie de l'Australie, a récemment atteint la Nouvelle-Zélande, pourtant située à des milliers de kilomètres, rapportent les services de météo locaux. "Nous pouvons vraiment sentir l’odeur du brûlé, ici, à Christchurch", rapporte une internaute sur Twitter tout en relayant une vidéo filmée sur l'un des glaciers de l'île, dont le blanc immaculé a pris une teinte marron.

Selon les scientifiques de l'Université de Sydney, près de 480 millions d'animaux seraient également morts dans les incendies. Les koalas font partie des plus touchés, ces animaux se déplaçant lentement. Un tiers d'entre eux, soit environ 8000 individus, pourraient avoir péri.

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