Incendies en Australie : les pompiers ont-ils assuré qu'il n'y avait aucun lien avec le réchauffement climatique ?

Le week-end à été catastrophique en Australie. Les feux de forêt ont fait des dégâts sur des dizaines de kilomètres comptant 24 morts et piégant des millions d'animaux.
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À LA LOUPE - Volontiers provocateur, l'essayiste Laurent Alexandre rapporte que "selon les pompiers, les incendies n'ont rien à voir avec le réchauffement climatique", mais seraient plutôt dus à de nouvelles règles d'entretien du bush. Mais sur quoi s'appuie-t-il ? Ces allégations sont-elles crédibles ? LCI revient sur ces déclarations polémiques.

L'Australie est toujours ravagée par des incendies monstres. Depuis le mois de septembre, tandis que 24 personnes ont péri, près de 8 millions d'hectares et plus de 1500 maisons sont partis en fumée. Face à cette situation sans précédent, le Premier ministre australien, Scott Morrison, fait l'objet de critiques acerbes. On l'accuse de ne pas avoir réagi assez vite à la catastrophe, mais aussi de ne pas chercher à lutter contre le réchauffement climatique, décrit depuis plusieurs semaines comme une cause majeure de ces feux ravageurs.  

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En novembre, dans sa lignée, alors que les incendies faisaient rage depuis déjà deux mois sur la côte est, son vice-Premier ministre estimait cependant que seuls des "écolos fanatisés de la capitale" et des "tarés de centre-ville" dressaient ce parallèle avec le changement climatique. 

Une vision des choses qui, en France, sied parfaitement à Laurent Alexandre. Celui qui se présente sur Twitter comme anti-collapsologue et anti-Greta Thunberg juge également que ce lien n'existe pas. Et il n'est pas le seul, tonne-t-il. "Selon les pompiers, les incendies n'ont rien à voir avec le réchauffement climatique. Mais sont dus aux nouvelles règles environnementales qui rendent l'entretien du bush impossible", a-t-il ainsi écrit sur le réseau social ce samedi 4 janvier. 

Un article d'Alan Jones, un chroniqueur polémique

Un lien associé au message de l'essayiste renvoie vers une tribune postée sur le site de l'association des sapeurs-pompiers volontaires australiens. On peut effectivement y lire que "le changement climatique n’a pas causé les feux", mais que ceux-ci sont dus à l'abandon de l’entretien de "chemins de feu" dans les forêts au profit d’un développement de la biodiversité, qui aurait rendu plus difficile le travail des pompiers, ou encore que la bureaucratie empêche les gouvernements locaux d’agir. 

Sauf que ce texte, publié le 18 novembre dernier, dans le journal australien The Daily Telegraph, n'a pas été écrit par un pompier. De fait, comme le montre la source, clairement visible en tête de l'article, il s'agit d'un éditorial d'Alan Jones, un présentateur radio australien, connu pour ses sorties polémiques. 

De nombreux internautes n'ont d'ailleurs pas manqué de souligner ce raccourci et de remettre les choses dans leur contexte. "Je vous laisse aller voir le profil du monsieur, mais c'est un ex-coach de rugby, reconverti dans le climato-scepticisme et les déclarations provocatrices sur un peu tout", fait par exemple valoir le compte Padre_Pio sur Twitter. "Sur les aborigènes, par exemple. Sur les femmes. Les étrangers. La totale." Beaucoup n'hésitent pas à le présenter comme un "Zemmour" australien.

Certains portraits de ce climatosceptique de 78 ans, parus dans la presse, permettent également de mieux cerner le personnage. "Conspiration, commerce et déni du réchauffement climatique : à l'intérieur de l'univers parallèle d'Alan Jones", titrait ainsi le journal britannique The Guardian en novembre dernier.

"Ce ne sont pas 'les pompiers' mais un ancien coach de rugby reconverti dans le climato-négationnisme", écrit de son côté Sylvain Chazot, journaliste à Libération, ajoutant que "des pompiers australiens disent l'exact inverse".

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Le 5 décembre, un groupe de pompiers avaient en effet manifesté devant le Parlement australien pour réclamer des actions contre le réchauffement climatique et plus de moyens pour les soldats du feu. En avril dernier, avant même le début de la saison des incendies, une vingtaine de personnes ayant occupé des postes à haute responsabilité chez les pompiers alertaient en outre sur l’accroissement rapide "des risques liés au réchauffement climatique".

Ce 2 janvier, face à la controverse, Scott Morrisson a indiqué avoir "toujours reconnu le lien entre les conséquences du réchauffement climatique global et ce que cela signifie pour la météorologie mondiale et la sécheresse en de nombreux lieux", maintenant pour autant qu'"aucune réponse gouvernementale en tous points du globe ne peut être liée à un quelconque incendie".

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