Incendies en Corse : plus de 1500 hectares ravagés par les flammes, "un risque écologique majeur persiste"

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FEUX - La Corse est en proie aux premiers incendies de l'année. Pendant le week-end, 48 départs de feu ont été enregistrés sur l'île de Beauté. À Calenzana, où 1290 hectares sont partis en fumée samedi et dimanche, la situation n'était toujours pas maîtrisée ce lundi 25 février. Les opérations de secours ont repris dans la matinée.

La Corse se réveille après une deuxième nuit d'incendies. L'île de Beauté a été la proie de plusieurs incendies pendant le week-end, favorisés par un temps sec et des vents violents avec des rafales. Aucune victime n'est à déplorer, mais plus de 1500 hectares de maquis et résineux sont partis en fumée au cours du week-end. Les opérations de secours, interrompues pendant la nuit, reprennent ce lundi. 170 pompiers et gendarmes sont mobilisés en Haute-Corse, et 166 en Corse-du-Sud, appuyés par des moyens aériens de lutte contre le feu. Des renforts venus de Brignoles et de Marseille doivent arriver par bateau dans la matinée.

48 départs de feu enregistrés

La série de feux qui s'est déclenchée samedi 23 février dans la soirée, attisés par des vents violents allant jusqu'à 90km/h sur l'île de Beauté, a dévasté plus de 1500 hectares de végétation. En 24 heures, pas moins de 15 départs de feu ont été enregistrés en Corse-du-Sud et 33 en Haute-Corse, selon les autorités locales. "Les feux ne sont pas tous maîtrisés. Les pompiers sont toujours sur place", a indiqué sur LCI le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni. Selon la préfecture de Haute-Corse, l'incendie de Ghisoni était "fixé" à 13 hectares lundi matin. L'incendie de Sisco (80 hectares), dans le Cap corse, inaccessible par des moyens terrestres, était qualifié de "stationnaire" et "sous surveillance" par la préfecture.


Le feu le plus virulent, celui de Calenzana près de Calvi, n'était quant à lui pas encore maîtrisé, après avoir ravagé 1290 hectares de végétation malgré les renforts aériens déployés. L'incendie, visible depuis l'espace, a débuté vers 20h samedi et a "traversé le village en moins d'une demi-heure, c'était impressionnant", a raconté à l'AFP le maire, Pierre Guidoni. "À Calenzana, le feu est inaccessible. Le vent est tombé (il devrait se renforcer lundi après-midi, ndlr). Mais si les conditions météorologiques deviennent dégradées ou si les pompiers et les moyens aériens n'arrivent pas à juguler le feu, il risque de basculer dans la vallée où il y a la forêt de Bonifato", s'est inquiété Simeoni. "Il y a un risque écologique majeur qui persiste."

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Le réchauffement climatique en cause ?

"Je crois que le dérèglement climatique est à l'oeuvre." Tel est le constat dressé par la préfète de Corse, Josiane Chevalier, dimanche soir devant la presse. Elle a pointé des conditions météorologiques "assez particulières" avec un vent extrêmement fort mais aussi un taux d'humidité faible de l'ordre de 8%, ce qui est "inférieur à ce qu'on peut observer l'été". 


"Ça a nécessairement à voir avec le réchauffement climatique et le fait que la sécheresse qui hier ne frappait que l'été est maintenant la règle, même l'hiver", a surenchéri sur LCI Gilles Simeoni, le président du conseil exécutif de Corse. "C'est en train de devenir une situation qui n'est pas exceptionnelle, malheureusement. C'est la deuxième année consécutive où nous avons à subir des incendies catastrophiques". Un an plus tôt, en janvier, l'île de Beauté avait  en effet connu des feux dévastateurs qui avaient fait trois blessés à Cervione, en Haute-Corse.

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Incendies en Corse : "Ça a nécessairement à voir avec le réchauffement climatique"

L'écobuage aussi pointé du doigt

Trois enquêtes de gendarmerie ont été ouvertes en Corse-du-Sud et cinq en Haute-Corse pour déterminer les causes de ces nombreux départs de feu. La pratique de l'écobuage, qui consiste à débroussailler une zone de végétation sèche par le feu, a été également pointée du doigt par Josiane Chevalier. "On a un sol très sec (...) mais aussi de l'imprudence avec des écobuages inappropriés sur toute la Corse", a fustigé la préfète de Corse en rappelant que l'arrêté d'interdiction de l'emploi du feu restait en vigueur jusqu'à nouvel ordre.


En Corse-du-Sud "il ressort à ce stade des trois enquêtes des éléments qui ne portent que sur des origines accidentelles ou des écobuages mal maîtrisés", a indiqué le général Jacques Plays, commandant de la légion de gendarmerie de Corse." En Haute-Corse, "on est également pour l'essentiel sur des écobuages". Il s'est montré plus prudent au sujet de l'incendie le plus important, celui de Calenzana : "Les techniciens ont commencé leurs constatations en début d'après-midi, donc on ne peut pas encore savoir de façon formelle, mais il n'est pas impossible que ce soit également d'origine accidentelle". Le maire de Calenzana a dénoncé dès dimanche matin "une catastrophe écologique inadmissible", fustigeant un acte "criminel et lâche".

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