Intempéries : le Sud-Est est-il plus bétonné que le reste de la France ?

Intempéries : le Sud-Est est-il plus bétonné que le reste de la France ?
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BÉTON - Le Sud-Est a été frappé par deux fois, à quelques jours d’intervalle, par de violents épisodes méditerranéens. Les importantes inondations qu'ils ont entraîné ont remis sur la table la question de l'urbanisation de la région. LCI a voulu savoir si ce territoire était particulièrement concerné.

Les événements climatiques s’enchaînent dans le sud-est de la France. Alors que le Var a été frappé le weekend du 22 novembre par un violent épisode méditerranéen, de nouvelles violentes intempéries ont cette fois touché l’est du Var et l’ouest des Alpes-Maritimes. Chaque fois, le niveau de l'eau est monté brutalement, entraînant de lourds dégâts, mais aussi la mort de douze personnes lors de ces deux weekends.

Passé l'effroi des premières heures, ces inondations ont rapidement fait resurgir la problématique de l'urbanisation. Plus les sols sont bétonnés, plus ils sont imperméables et moins l'eau est absorbé rapidement, favorisant la brusque montée des eaux. Dans un communiqué publié le weekend dernier, l'association France Nature Environnement s'insurgeait ainsi "On bétonne et on s’étonne !".  Mais cette artificialisation des sols est-elle réellement plus importante dans le Sud-Est ?

L'artificialisation des sols près de 2 fois plus importante dans le Nord-Pas-de-Calais que dans le Languedoc-Roussillon

D'après les dernières données disponibles, datant de 2012 et publiées par Eurostat en 2015, les taux d'artificialisation des sols dans le Languedoc-Roussillon (5,2%) et en Provence-Alpes-Côte d'Azur (6%) ne sont pas particulièrement supérieurs à ceux d'autres régions. Dans les Pays de la Loire, le pourcentage de terres artificialisées monte par exemple à 7,1. Il est de 8,8 en Alsace et de 9,7 dans le Nord-Pas-de-Calais.

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Une urbanisation plus concentrée dans le sud-est de la France

Pour autant, ces chiffres sont à relativiser. Contrairement à d'autres régions, les régions PACA et le Languedoc-Roussillon sont particulièrement concernées par l'urbanisation galopante. Selon l'Observatoire régional de la Biodiversité Provence-Alpes-Côte d’Azur, la surface de territoires artificialisés entre 1990 et 2006 a augmenté de 23,6% dans la région PACA et de 17,4% dans le Languedoc-Roussillon, contre 11,1% à l'échelle nationale. Dans un rapport datant de 2012, la Cour des comptes fustigeait d'ailleurs la "véritable soif de construire, entretenue par les propriétaires et les promoteurs et relayée par les élus locaux." 

D'autre part, si dans certaines régions, ces terres peuvent se répartir plus ou moins uniformément sur l'ensemble du territoire, elles sont souvent, dans le Languedoc-Roussillon et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, concentrées sur les côtes et de surcroît en zone inondable. D'après l'Insee, 998 100 habitants, soit 19 % de la population, vivaient en 2016 dans une zone potentiellement inondable en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont la moitié a "plus d’une 'chance' sur deux d’être touché en quarante ans". Et si la construction sur des terrains exposés aux crues a légèrement ralenti ces dernières années dans  le Var dès les années 2000 et les Alpes-de-Haute-Provence depuis 2010, elle s'est en revanche accrue depuis les années 2000 dans les Alpes-Maritimes et le Vaucluse, "pourtant les deux départements les plus exposés au risque", note l'institut. En visite dans le village sinistré du Muy (Var) dimanche 25 novembre, Christophe Castaner a lui-même reconnu des "fautes d'aménagement".

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