Invasion de sauterelles jamais vue depuis 60 ans en Sardaigne : 2000 hectares détruits

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PLAIE - Des sauterelles ont envahi les pâturages de l'île de Sardaigne, en Italie, détruisant environ 2000 hectares de terres, selon la principale organisation agricole du pays. De quoi inquiéter les éleveurs et les agriculteurs de la région, qui témoignent de leur désarroi.

A l’horizon, rien à signaler. Mais en s’approchant du sol, les habitants de Sardaigne ont découvert une terre recouverte d’insectes. Tapies dans les champs de l’île italienne, des millions de sauterelles ont détruit quelques 2000 hectares d’exploitation. C’est l’organisation agricole italienne Coldiretti qui a lancé l'alerte ce lundi 10 juin dans un communiqué. 

"Nous sommes fauchés"

Selon le principal syndicat agricole, les habitants des zones concernées par l’invasion de ces insectes se retrouvent sans pâturages. Les cours et les fermes sont également submergées, comme le montre la vidéo ci-dessous. De quoi susciter l’inquiétude chez les agriculteurs et éleveurs de la région, déjà victimes du dérèglement climatique. "Cette calamité s’ajoute aux catastrophes naturelles dues au climat, dont la sécheresse de 2017 et les pluies de l’an dernier", explique ainsi l’un des représentants de la Coldiretti, Michele Arbau, au micro de la chaîne Tg3. 


Cités dans plusieurs médias italiens, les experts estiment qu’il est déjà trop tard pour intervenir. Et que pour remédier au problème, il faut désormais labourer les terres, surtout celles qui ne sont pas cultivées, afin d’éviter que les sauterelles puissent se reproduire.

Un tel événement n’avait pas eu lieu depuis plus de soixante ans, selon un professeur d'entomologie à l'université de Sassari, en Sardaigne, interrogé par le journal La Stampa. Un éleveur d’Orotelli, zone touchée par l’invasion, regrette auprès de l’agence italienne ANSA le manque à gagner que représente cette catastrophe. "Tout le travail effectué pour nourrir mes 60 vaches et 200 moutons est perdu, dévoré par les sauterelles. Nous sommes vraiment fauchés. Nous allons devoir se procurer du fourrage ailleurs." Selon ce travailleur, il faudra environ 2000 euros pour combler le manque de matières premières et les frais de voyage. Un autre éleveur témoigne auprès de Tg3 de sa stupeur : "Je travaille dans les pâturages depuis 45 ans, et je n’ai jamais vu ça." Pour cet homme, l’invasion des sauterelles n’étaient qu’un vague souvenir qu’évoquaient ses aînés au sortir de la guerre.

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