L'aide aux entreprises en difficulté, un "chèque en blanc aux grands pollueurs"

A cause de la pandémie, Air France n’assure plus que 5 % de ses vols et a dû mettre 45.000 salariés en chômage partiel.
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ECOLOGIE - Après le discours d'Emmanuel Macron, les partisans d'une transition énergétique espèrent voir le climat au cœur de la relance économique. Alors que l'Etat prévoit d'accorder 20 milliards d'euros à des entreprises comme Air France ou Renault, ils exigent que ces aides soient accordées avec une contrepartie environnementale.

Dans une tribune, GreenPeace, Les Amis de la Terre et Oxfam accusent l'exécutif de signer "un chèque en blanc aux grands pollueurs sans conditions", alors que ce dernier a annoncé le déblocage de 20 milliards d'euros pour recapitaliser des entreprises stratégiques en difficultés. Ces aides publiques ne sont assorties d'aucune condition (...) alors qu’elles pourraient renflouer des entreprises polluantes, qui contribuent fortement au dérèglement climatique", déplorent les trois ONG écologiques.

Des entreprises œuvrant dans les secteurs aérien, automobile ou pétrolier, comme Air France ou Renault, en seraient notamment les bénéficiaires. Pour Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace, "le gouvernement démontre qu’il ne prend toujours pas au sérieux la question écologique, c’est-à-dire le monde d’après". Plus encore, comme l’affirme Cécile Marchand, des Amis de la Terre, "soutenir à bout de bras et sans condition des multinationales qui devront de toute façon se transformer, c’est rendre leurs salariés encore plus vulnérables aux prochaines crises".  

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Sivous souhaitez vraiment préparer le monde d'après et tirer les leçons de cette crise sanitaire, ne cédez pas au chantage des lobbies !- Greenpeace, Les Amis de la Terre et Oxfam dans leur tribune commune.

Pour les trois organisations écologiques, dont une tribune a été relayée sur le site de France info, le soutien de l’Etat doit avoir pour seuls objectifs le maintien de l’emploi et la transition écologique. La montée au capital d'une entreprise doit être "soumise à une obligation de réduction d’émissions de gaz à effet de serre alignée avec les objectifs de l’Accord de Paris, au non-versement de dividendes et à une limitation stricte des hauts salaires", soutiennent-elles, appelant l'exécutif à ne pas céder "au chantage des lobbies" afin de "préparer le monde d'après et tirer les leçons de cette crise sanitaire".

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"Ce ne sera pas un chèque en blanc", leur a rétorqué Bruno Le Maire devant l'Assemblée, qui examinait ce vendredi après-midi le projet de budget rectifié où sont inscrits ces 20 milliards d'euros. Le ministre de l’Economie a fait valoir que les montées au capital ou les éventuelles nationalisations temporaires seront conditionnées à "un effort de redressement et de compétitivité" ainsi qu’à "une politique environnementale ambitieuse". "Il faut que ces grandes entreprises industrielles s'engagent totalement pour une économie décarbonée", a-t-il souligné devant les députés. Citant le constructeur Renault, il a également appelé au respect des objectifs de responsabilité sociale, notamment en matière d’emploi.

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