L'alimentation de 90% de la population mondiale sera affectée par le changement climatique d'ici 2100

L'alimentation de 90% de la population mondiale sera affectée par le changement climatique d'ici 2100
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IMPACT - Dans le domaine de l'agriculture et de la pêche, les conséquences du réchauffement climatique sont de plus en plus importantes. D'ici à la fin du siècle, l'alimentation de 90% de la population mondiale pourrait en être affectées, selon l'étude d'une équipe internationale de chercheurs parue mercredi. Pour eux, le respect de l'Accord de Paris est primordial.

Sécheresses, inondations, tempêtes, hausse des températures, migration d'espèces... Le changement climatique que la planète connaît en ce moment même perturbe largement son écosystème. De sorte que, selon les travaux d'une équipe de chercheurs du CNRS et des universités d’Hawaï, de Colombie-Britannique et de Lancaster, environ 7,2 milliards de personnes pourraient être exposés d'ici 2100 à des baisses de productivité conjointes de l'agriculture et de la pêche. Autrement dit, l'alimentation de 90% de la population pourrait être affectée d'ici la fin du siècle.

Publiés le 27 novembre dans la revue Science Advances, l'étude a étudié l’évolution de la productivité de l’agriculture (maïs, riz, soja et blé) dans 240 pays ou territoires, ainsi que celle de la productivité de la pêche commerciale dans 140 d'entre eux. Leur dépendance vis-à-vis de ces secteurs d'activité, leur degré de vulnérabilité au changement climatique ainsi que leur capacité de réaction a été prise en compte afin de dégager, in fine, les gagnants et les perdants des évolutions à venir.

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Les zones tropicales, grandes perdantes du changement climatique

D'après les projections climatiques à venir, les zones tropicales, en particulier en Amérique latine, en Afrique centrale et méridionale et en Asie du Sud-Est, devraient être fortement touchées par une baisse de la productivité agricole et de la pêche. De façon générale très dépendante de l'agriculture et de la pêche pour l'emploi, la sécurité alimentaire et les revenus, ces territoires se classent parmi les grands "perdants" du changement climatique.

À l'inverse, les pays situés dans les hautes latitudes, en Europe et en Amérique du Nord par exemple, devraient être touchés dans une moindre mesure, la dépendance à la nourriture produite ou pêchée sur le territoire national est plus faible. Les conditions climatiques futures devraient donc moins affecter l'alimentation, le nombre d'emplois ou les gains liés à ces secteurs. Des gains de productivité, à la fois l'agriculture et la pêche, ne devraient en revanche concerner que 3% de la population mondiale, essentiellement en Russie et au Canada notent les auteurs de l'étude

Le respect de l'Accord de Paris, condition de survie pour de nombreux pays

Pour les chercheurs, les possibilités d’adaptation seraient extrêmement limitées. "Il serait impossible de compenser les effets sur la pêche en développant l’agriculture, ou vice versa, les deux secteurs étant tous deux fortement impactés", indiquent-ils dans un communiqué publié par le CNRS. Faute de données suffisantes cependant, ceux-ci n'ont tenu compte ni de l'élevage, ni de la production de fruits et légumes, ni de l’aquaculture, en plein développement dans le monde, ni de la pêche en eau douce.

Le respect des engagements pris lors de la signature de l'Accord de Paris, pourrait permettre à la plupart des pays, même les plus vulnérables, de se tirer du changement climatique, estime le rapport. "En effet, bien que les pertes de productivité semblent inévitables dans de nombreux cas (60 % de la population seraient toujours touchés), leur ampleur serait considérablement amoindrie", soulignent les auteurs du rapport. Dans les pays les plus fragiles, les pertes de productivité seraient 4 à 5 fois moins importantes qu'en cas d'inaction, ce qui faciliterait la mise en place de stratégies d’adaptation comme le développement de variétés viables dans les conditions climatiques futures.

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