L'Anses lance l'alerte : quel est ce nouveau virus repéré en Bretagne et qui menace nos tomates ?

Le ministère de l'Agriculture a confirmé la présence du virus ToBRFV dans les tomates d'une exploitation du Finistère, après avoir obtenu les résultats d'analyses. Une contamination sans danger pour l'homme, mais qui représente un risque économique pour la filière.
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AGRICULTURE - L'Anses a confirmé la présence dans une exploitation du Finistère du ToBRFV, un mystérieux virus s'attaquant aux cultures de tomates, mais aussi de piments et de poivrons. S'il ne représente aucun danger pour l'homme, il n'existe aujourd'hui aucun traitement. La tomate est le légume le plus consommé en France et le pays est le 5e producteur européen.

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a confirmé la présence du ToBRFV en France. Ce virus impacte les plants de tomates, mais aussi de poivrons, de piments et potentiellement d'aubergines. Cette contamination en Bretagne n'est pas anodine. L'Anses évoque en effet un risque de dissémination élevé. 

En plus d'être très facilement transmissible, il n'existe aucun traitement pour contrer ce virus. La seule solution est d'arracher les pieds, les brûler et attendre plusieurs mois avant de replanter. Un scénario très inquiétant pour la filière française. La tomate est le légume le plus consommé en France et le pays est le 5e producteur européen

D'où provient ce virus ?

Le ToBRFV est un acronyme qui signifie Tomato brown rugose fruit virus, le "virus de la tomate brune et rugueuse". Il a été détecté pour la première fois en 2014 en Israël et en 2015 en Jordanie, au sein de cultures de tomates sous serre. Avant d'apparaître en 2018 aux Etats-Unis, où il a été depuis éradiqué. L'Europe est également concernée, avec des cas détectés en Allemagne, Pays-Bas ou encore en Italie. 

Comment reconnaître les symptômes ? Que faire en cas de doute ?

Bruno Vila, producteur de tomates dans les Pyrénées-Orientales et président de la coopérative française Rougeline, nous décrit les symptômes. "Les feuilles deviennent jaunes et brunes, puis se nécrosent. Des taches apparaissent sur les fruits à cause d'une maturation inégale. Le pied finit ensuite par mourir." Des signes difficiles à distinguer pour le producteur. "Pour un œil non-averti, ces symptômes ressemblent à d'autres maladies de la tomate comme le mildiou." 

S'il est encore trop tôt pour apercevoir des pieds de tomates ou de poivrons dans les jardins, ils sont déjà cultivés sous serre. Au moindre doute, les professionnels - mais aussi les jardiniers - sont invités à prendre contact avec leur Chambre d'agriculture ou l'antenne locale de la Fredon, la Fédération nationale de lutte contre les organismes nuisibles

Comment se transmet-il ?

Un simple contact physique suffit avec tout support porteur de virus : plantes, mains, outils de travail, vêtements, insectes pollinisateurs, oiseaux ou eaux d’irrigation. Une fois dans la plante, le virus se propage de cellule à cellule et l'envahissent entièrement. Dans son rapport, l'Anses explique également que "les semences, les plants et les fruits restent infectieux et peuvent véhiculer le ToBRFV sur de longues distances, notamment lors d’échanges commerciaux."  

En France, la moitié des tomates consommées sont importées, notamment des Pays-Bas ou d'Espagne. Si aujourd'hui aucun cas n'a encore été détecté dans notre pays, la filière hexagonale est inquiète. "La dissémination est très facile et une contamination serait une catastrophe, explique Bruno Vila. Une fois que la virus atteint une serre, toute la production est perdue. Replanter est aussi compliqué car, par exemple, mêmes les tuteurs sont contaminés." 

L'inquiétude vient aussi des jeunes pieds de tomates ou de poivrons qui seront vendus sur les marchés et dans les magasins spécialisés à l'approche des beaux jours. La tomate est très plébiscitée par les jardiniers et la présence d'un seul plant malade pourrait contaminer tous les autres.  

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Existe-t-il un danger pour la consommation ?

Aucunement. L'Anses rappelle que les fruits malades ne représentent aucun danger pour la consommation et que le virus n'a aucun impact sur l'homme ou les animaux. Il s'agit d'une maladie impactant seulement les plants. 

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