La Convention citoyenne pour le climat pointe la "culture de consommation" et le "manque de courage de l'État"

Planète

ASSEMBLÉE - Après un premier weekend de travail, le Convention citoyenne pour le climat livre ses premiers messages et désigne les principaux points de blocage pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

À l'issue de leurs trois premiers jours de travail, les 150 membres tirés au sort de la Convention citoyenne sur le climat n'hésitent pas à exprimer des constats radicaux. À travers deux documents publiés lundi sur le site de la Convention, ils tiennent à délivrer plusieurs "messages clés", mais aussi à indiquer les "points de blocage" qui empêchent selon eux la société d'abaisser ses émissions de gaz à effet de serre.

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"Aidez-nous !"

Le premier de ces "messages clés", c'est "l'urgence d'agir". "La planète est en danger et des changements collectifs et individuels (mode de vie, consommation) sont nécessaires, et vite ! (peut-être même devons-nous aller au-delà de

40% de réduction des GES)", indique le texte. Les 150 "citoyens-membres" tiennent malgré tout à "nuancer l'urgence de la situation et son importance avec la culpabilisation et la responsabilisation de chaque citoyen.ne pour agir".

Responsabiliser sans culpabiliser, c'est le fil conducteur de cette première prise de position de la convention, qui dit vouloir "être attentive à la corrélation entre justice sociale et climat dans les mesures que nous proposerons, tant au niveau économique, que territorial, familial, professionnel…". 

À plusieurs reprises, ce premier document évoque "l'ambition" des membres de la Convention et la volonté de "proposer des mesures fortes" pour "prendre tout le monde en compte", à savoir "vous, nous, et les générations futures". Évoquant un "exercice démocratique inédit", ils s'adressent directement à la population française, appelant celle-ci à participer ("Aidez-nous !"), et à croire en la volonté des 150 citoyens : "Faites-nous confiance ! Nous avons été tiré.e.s au sort, la diversité des personnes est fabuleuse ! Les personnes sont volontaires dans la tâche et ne se laissent pas influencer."

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"Le blocage, c’est qu'aujourd'hui la culture de consommation domine toujours notre mode de vie individuel"

Dans un deuxième document, les quatre rapporteurs de la Convention ont également fait la liste des "points de blocage de la transition écologique en France", qu'ils soient "économiques", "politiques" ou "individuels". Et ça commence fort : "Énormément de tables partagent la préoccupation que l’obsession pour la croissance, les indicateurs de PIB et la logique de bénéfice est un frein à la transition. Ils constatent que la logique d’intérêt financier prime sur l’intérêt commun", écrivent-ils, évoquant aussi la "pression directe sur le gouvernement" exercée par les "lobbies" et les "grands groupes", ainsi que le "manque d'engagement" de ces derniers.

Sur le plan politique, la Convention constate un "manque d'engagement et de courage de la part de l'État", donnant l'exemple de la rénovation énergétique des logements, dont l'effort est jugé très "insuffisant". Une question fait aussi figure de fil conducteur : "Où et comment trouver des financements pour des mesures en faveur de l’environnement ?"

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Comment mieux isoler les logements ?

Cette question économique irrigue enfin les points de blocage "individuels". "La situation individuelle de chacun peut être un blocage, certaines personnes ne sont pas dans une situation sociale qui leur permet de se préoccuper d’écologie", constatent les participants de la Convention, qui "se posent la question de la capacité des citoyens à accepter de changer leur mode de vie". Et, partant de là, d'appeler à plus de "pédagogie" et d'éducation", mais aussi de déplorer un "blocage" fondamental : "C'est qu'aujourd’hui la culture de consommation domine toujours notre mode de vie individuel."

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