La réduction de la vitesse des navires, une réponse à l’urgence climatique

La réduction de la vitesse des navires, une réponse à l’urgence climatique
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TRANSPORT MARITIME - Un rapport mené par Seas at Risk et Transport & Environment suggère de ralentir la vitesse des navires de 10 à 20 % afin de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Une proposition devant être étudiée par l’Organisation maritime internationale, qui se réunit cette semaine à Londres.

Aller moins vite pour l’environnement. Dans un rapport, les organisations européennes "Seas at Risk" et "Transport & Environment" suggèrent de réduire la vitesse des navires pour lutter contre le réchauffement climatique. En effet, une diminution de leur allure de 20 % provoquerait une baisse de 24 % de leurs émissions de gaz à effet de serre. En ralentissant, les navires consommeraient moins de carburant qui, lorsqu’il brûle, rejette du carbone noir, du soufre et des oxydes d’azotes. 

Le trafic maritime mondial, qui compte plus de 50 000 navires, génère 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, 90 % des biens consommés dans le monde sont transportés par voie maritime et leur impact sur les océans est multiple. Les émissions de CO2 contribuent au changement climatique ainsi qu’à l’acidification des océans et le bruit marin provoqué par les navires perturbe la communication entre les baleines et autres cétacés, avec qui ils entrent en collision. À ce sujet, le rapport constate qu’une réduction de la vitesse diminuerait le niveau de cette pollution sonore mais aussi le risque de choc avec des mammifères marins de 78 %. 

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Des mesures déjà édictées pour un transport maritime plus responsable

Cette semaine, l’Organisation maritime internationale (OMI) doit se réunir à Londres et discuter du sujet, rapporte la BBC. En avril dernier, l’OMI a fait voter des mesures allant dans le sens d’une attitude plus écoresponsable. À l'époque, 170 pays-membres des Nations unies se sont engagés à diviser par deux les émissions de CO2 de leurs navires, en volume total, d’ici 2050 et par rapport à 2008. A l’origine, l’Union européenne souhaitait une réduction drastique des émissions de 70 %. 

Cet été au sommet du G7, face aux incendies ravageant l’Amazonie, Emmanuel Macron avait accéléré son agenda vert et déployé une série de mesures en faveur du climat. Parmi elles, la réduction de la vitesse des porte-conteneurs : "Nous allons nous engager avec les transporteurs maritimes, pour réduire la vitesse, ce qui est l’un des moyens les plus efficaces pour réduire les émissions". De son côté, l’organisation professionnelle des entreprises françaises de transport et services maritimes, les Armateurs de France, a publié un communiqué dans lequel elle "soutient résolument cette mesure efficace et immédiatement disponible qu’il conviendrait de mettre en œuvre sans attendre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre du transport maritime". Et ajoute que "cette mesure est un pas sur la route qui mènera le shipping à la décarbonisation de ses activités". 

Depuis, une charte de bonnes pratiques, la charte SAILS, a été édictée par le ministère de la Transition écologique à destination des compagnies maritimes. Celle-ci ne reprend que des concepts généraux –protection des cétacés, réduction de l’impact sonore, optimisation de la performance énergétique…- mais ne propose aucune mesure concrète.

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