"La végétalisation est notre ADN" : à Angers, le pari de la nature en ville

"La végétalisation est notre ADN" : à Angers, le pari de la nature en ville
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VILLE VERTE - Partenaire du Prix Entreprises pour l’environnement (EpE), LCI vous livre pendant un mois des articles autour de la thématique "Vivons la nature en ville" et plus généralement de l’environnement. Cette année, la ville d'Angers a été classée pour la troisième fois consécutive la plus verte de France. Le fruit de plusieurs années de politique en faveur du développement durable.

Réhabiliter la nature au cœur de la ville, c’est le pari que s’est lancée la municipalité d’Angers (Maine-et-Loire) il y a quelques années. Aujourd’hui, force est de constater que les résultats sont là, avec une troisième nomination en tant que ville la plus verte du pays, selon le "palmarès des villes vertes de France" décerné par l’Observatoire Unep-Hortis. 

Selon l’enquête de l’Observatoire, menée auprès des 50 plus grandes villes françaises, "Angers est une des premières collectivités à avoir totalement intégré une politique végétale aux projets municipaux". L’idée de la municipalité ? "Mettre du vert un peu partout" en associant tous les services de la mairie au travail des "Parcs et Jardins", détaille à LCI Isabelle de Manio, adjointe à la ville aux espaces verts. "Aujourd’hui, on ne crée plus une seule place sans se demander si l’on ne peut pas y mettre des arbres, on ne fait plus une seule rue sans proposer aux habitants d’installer des mini-jardins". 

Quelques chiffres illustrent la manière dont la ville s’est emparée de ces questions de développement durable. Les espaces verts représentent 14 % de la surface d’Angers, sans compter les forêts, avec 5 % du budget municipal consacré à leur entretien. Or, le service Parcs et Jardins de la ville peut parfois se sentir pris de court face à des subventions limitées. "On a deux fois plus de mètres carrés d’espaces verts que les autres villes mais on n’a pas le double du budget", déplore l’adjointe. "Il faut donc travailler avec les habitants et leur proposer d’être imaginatifs."

150.000 arbres plantés en 5 ans

En 2019, la ville a voté un "schéma directeur des paysages angevins", consistant à revoir le plan d’urbanisme pour y intégrer davantage le végétal. Dans ce cadre, 150.000 arbres doivent être plantés en 5 ans afin de "limiter l’étalement urbain". "Ce qu’on a mis en place résulte d’une politique vieille de 5 ou 6 ans", confie Isabelle de Manio. Christophe Béchu, maire d’Angers depuis 2014, a déclaré voir en ce plan "une réponse forte aux enjeux de la transition écologique que nous souhaitons pour notre territoire".

Mais pour l’adjointe à la ville, la véritable "révolution" s’est opérée à partir de 2017 avec le zéro phyto, c’est-à-dire la réduction de l’usage des pesticides. D’abord réservée à l’entretien des espaces publics, elle a été étendue aux pratiques des particuliers en 2019. Aujourd’hui à Angers, 90 % des espaces publics sont traités sans pesticide, dont 85 % des espaces végétalisés, l’ensemble des trois cimetières et 95 % des espaces de voiries.

Angers, "ville de l'horticulture"

Si la commune réussit à concilier urbanisme et végétalisation, c’est d’abord grâce à sa géographie. La ville d'Angers étant traversée par la Maine, plusieurs projets ont visé à en réaménager les rives et à inclure la population dans l’économie de l’eau, avec des associations, des pêcheurs, des navigateurs… Des projets qui ont failli ne jamais voir le jour en raison des fortes critiques émanant des partisans de la voiture. Ensuite, grâce à son histoire. "La végétalisation est notre ADN, c’est une ville de l’horticulture", souligne Isabelle de Manio, évoquant le souvenir d’André Leroy, célèbre pépiniériste né et mort à Angers au XIXe siècle. 

Et la politique menée par la ville semble séduire. "Les gens sont plus sensibles qu’avant à ces enjeux-là car ils ont compris l’urgence environnementale actuelle", assure l’adjointe qui y voit aussi une carte politique à jouer : "Ça nous permet de surfer dessus pour pouvoir faire accepter une politique bien plus stratégique. Je suis élue depuis 6 ans : avant je n’avais pas le même poids. Maintenant, on nous en demande beaucoup plus et c’est tant mieux."

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Comme chaque année depuis 15 ans, Entreprises pour l’Environnement (EpE), LCI (anciennement Metronews) et les sponsors du Prix lancent leur appel à projets pour le Prix Jeunes pour l’Environnement doté de plus de 10 000€. Cette année, les jeunes de 15 à 30 ans sont invités à formuler des idées concrètes et inédites en répondant à la problématique suivante : "La nature et la ville seront au cœur de l’actualité en 2020, une année décisive pour le climat et la biodiversité. Comment les villes de demain assureront-elles bien-être et santé à tous les citadins ? De nombreux défis restent à relever afin de transformer nos conditions de vie en ville : limiter l’étalement urbain, lutte contre le changement climatique, réduction de la pollution, gestion des déchets, accès à une alimentation saine, constructions durables…" Soyez ambitieux, créatifs et persuasifs ! Dépôt des dossiers jusqu’au 23 mars 2020.

 

Pour plus de précisions, rendez-vous sur le site dédié ou la page Facebook.

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