"Le but était de créer un lieu écologique, vivant et fertile" : Les Jeunes Pousses, lauréats du prix EpE

L'association des Jeunes Pousses prévoit d'ouvrir le lieu le 5 septembre prochain
Planète

ENTRETIEN - Lundi 22 juin, le Prix Jeunes pour l'environnement 2020, organisé par Entreprises pour l’environnement (EpE), auquel LCI est partenaire, a été décerné aux Jeunes Pousses pour leur projet de micro-ferme urbaine en plein cœur d’Avignon. L’un des quatre lauréats, Paul-Arthur Klein, nous livre à chaud son ressenti et nous parle agriculture urbaine et ambitions futures.

Cette 15e édition du Prix EpE (Entreprises Pour l’Environnement), consacrée au thème de la nature en ville, a finalement dévoilé son lauréat. Après avoir reçu 40 dossiers et sélectionné 4 finalistes, le jury a choisi de donner le premier prix, sponsorisé par Veolia et doté de 5000 euros, à Paul-Arthur Klein, Ines Revuelta, Thomas Perez, Lisa Courbette et à leur association "Les Jeunes Pousses" qui prévoit d’ouvrir une micro-ferme urbaine à Avignon, premier "tiers-lieu" lieu écologique en plein cœur de la ville. 

>> Tout savoir sur les lauréats de la 15e édition du Prix EpE/LCI

Né il y a deux ans, le projet s’est concrétisé en septembre dernier et a démarré les travaux le 11 mai, à la levée du confinement. Ce lieu prévoit d’accueillir à la fois des espaces culturels, une cantine, un café, une scène de concert, un espace de conférence, un terrain de sport, des ruchers, et même une forêt comestible. L’inauguration de la ferme est prévue pour le 5 septembre prochain, avec (seulement) deux mois de retard. Entretien avec l’un des lauréats, Paul-Arthur Klein, qui travaille à temps plein sur le projet.

LCI : En quelques mots, en quoi consiste votre projet de micro-ferme urbaine ?

Paul-Arthur Klein : Notre ambition était de créer le premier lieu dédié à la transition écologique à Avignon. Le but était de créer un seul lieu afin d’éviter de multiplier les actions individuelles mais de regrouper ces initiatives au même endroit. Et ainsi leur donner plus de portée, notamment en termes de communication. On pense que cela aura plus d’impact de rassembler tout le monde sur un même lieu. Cela permet aussi de créer des connexions entre les projets et les associations déjà présents sur le territoire, l’ensemble des acteurs verts de demain : des fablabs, une recyclerie, une ressourcerie, la monnaie locale…

Ensuite, le but était de créer un lieu écologique, vivant et fertile. Mettre de la nature en ville, c’est une chose, ça la rend plus écologique et ça ramène de la biodiversité, mais autant qu’elle soit fertile et qu’on puisse la consommer. 

LCI : Justement, votre projet porte sur l’agriculture urbaine : selon vous, pourquoi l’alimentation est au cœur de la biodiversité en ville ?

Paul-Arthur Klein :Dans le grand sujet qu’est la transition écologique, je pense que l’alimentation et l’agriculture sont la base de tout et qu’elles permettent d’aborder tous les autres sujets connexes. L’agriculture reste de la nature : selon comment on la fait, comment on la cultive, cela permet le retour de la nature en ville.

Lire aussi

LCI : Vous avez déjà participé à la mise en place d’une ferme urbaine écologique et éphémère, à Bobigny en 2017. Qu’est-ce que cette première expérience vous a apporté dans votre propre projet ?

Paul-Arthur Klein : Oui, la ferme "la Prairie du Canal" était censée durer un ou deux ans : aujourd’hui, c’est sa quatrième année, mais aussi sa dernière. Cette expérience m’a été très utile, c’est vrai. Même si on parle d’agriculture urbaine, d’environnement, ça reste du portage de projet et mon stage à Bobigny m’a permis de me confronter à la réalité du terrain, de tout ce qu’il faut faire pour monter un projet. On voit souvent la finalité d’un projet, le moment où l’on sème et on plante avec les habitants du quartier, mais avant ça, il y a l’acquisition d’un terrain et sa transformation en un espace cultivable, la recherche de financements… 

LCI : C'est déjà très concret puisque vous avez déjà levé des fonds et démarré le projet. Comptez-vous vous établir ailleurs en France ?

Paul-Arthur Klein : Le but est bien d’essaimer le projet ailleurs, dans d’autres villes ou à Avignon. Cela peut être par nous ou par d’autres associations qui auraient besoin d’être accompagnées. Le choix des villes viendra avec le temps. Ce genre de projet est en réalité très lié à la vie personnelle : si un jour, je déménage, pourquoi pas développer une nouvelle ferme ? En tout cas, je ne me vois pas mettre en place une ferme dans une ville où je n’habite pas. Cela demande énormément d’énergie et de travail, il faut être sur place. 

>> Plus d'infos sur Les Jeunes Pousses

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent