Le vétérinaire des "vaches à hublot" dément toute maltraitance : "Elles sont en bonne santé, j'y veille"

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MALTRAITANCE ANIMALE ? - Les images de "vaches à hublot", ces animaux dont le ventre a été perforé en vue d'expérimentations, ont choqué une large partie de l'opinion publique. En diffusant la vidéo d'animaux de la ferme expérimentale de Sourches, l'association L214 souhaite dénoncer une maltraitance animale, mais pour le vétérinaire, responsable de la santé des vaches, ces bêtes profitent de "bonne conditions" de vie, voire sont "dorlotés".

Fréderic Simon est vétérinaire dans la Sarthe. Membre du Conseil Régional de l'Ordre des Vétérinaires des Pays de la Loire, il travaille comme agent sanitaire local auprès de la direction départementale de la santé mais reste également vétérinaire libéral et se déplace de ferme en ferme. Parmi "ses bêtes", il compte les quelques 250 vaches de la ferme expérimentale de Sourches, dont les 6 "vaches à hublot", aujourd'hui au cœur d'une polémique sur le bien-être animal. 


Pour L214, ces expériences ne visent qu'à "réduire les coûts de production de ses élevages". Les vaches laitières de l'établissement pointé du doigt produiraient chacune "l'équivalent de 3 fois les besoins d'un veau par an". Le groupe Avril, propriétaire de la ferme expérimentale, avance de son côté que "cette analyse est essentielle à de nombreux progrès en élevage et permet notamment d’améliorer la santé digestive de millions d’animaux, de réduire l’usage d’antibiotiques en élevage et de réduire les émissions de nitrates et de méthane liées à l’élevage."


Frédéric Simon nous fait part de son expérience au sein de cet établissement et dément tout cas de maltraitance.

LCI - La vidéo de l'association L214 a fait beaucoup de bruit ce jeudi, comment avez-vous réagi en découvrant cette polémique ?

Frédéric Simon - Je n'ai pas été étonné. Il est évident que l'image de ces vaches peut choquer le grand public et je savais qu'un jour, on en parlerait. Il est important d'être transparent. Je comprends la réaction que cela suscite mais aujourd'hui malheureusement, les moyens de la science n'offrent pas d'autres alternatives pour les expérimentations menées sur ces animaux. Surtout, ces vaches ne souffrent pas, elles sont en bonne santé, j'y veille.

LCI - Le rapport de L214 dénonce pourtant une maltraitance animale et souligne les douleurs infligées.

Frédéric Simon - S'il y a souffrance, cela ne concerne que l'acte chirurgical. Une prothèse est posée sur une partie de l'estomac, le rumen. Il s'agit d'un système artificiel qui permet d'avoir un accès direct à une partie de l'estomac. Tout cela est très encadré, les vaches sont opérées à l'école vétérinaire de Nantes, dans de très bonne conditions. C'est comparable à une opération de chirurgie humaine. Et pour la douleur, des antalgiques leur sont administrés, elles ne souffrent pas. Elles y séjournent environ un mois pour s'assurer que leur état est stabilisé. Une fois opérées, les vaches vivent tout à fait normalement.

Salles individuelles, coussins pour se coucher et aires de promenade

LCI - L'association de protection animale évoque pourtant des conditions de vie déplorables, elles seraient confinées à l'intérieur, sur "un sol en béton sans paille".

La ferme expérimentale de Sourches est une ferme extra-moderne, les vaches ont donc des conditions de vie tout à fait décentes, bien meilleures que celles qui existent dans la plupart des fermes françaises. Les bêtes ont accès à des salles individuelles - que l'on voit d'ailleurs sur la vidéo et qu'on appelle logette -, elles ont des coussins pour se coucher, une sorte de grosse moquette. C'est ce qui est recommandé pour le bien-être animal.


Elles ont aussi des aires de promenade, dans des espaces découverts donc elle voit la lumière du jour.


(les animaux bénéficient par ailleurs d'"une mise à l’herbe de 2 mois chaque année", souligne le groupe Avril dans un communiqué, une information reprise dans le rapport de L214, ndlr)

En vidéo

L214 : la vidéo choc décryptée

LCI - Cela reste un espace clos, ces animaux ne sortent jamais à l'extérieur ?

Pour la centaine de vaches laitières, la traite est robotisée. C'est une réalité dans toutes les fermes qui fonctionnent avec des robots, les bêtes suivent un circuit, elles ne gambadent pas dans un champ. Mais elles ont accès à des espaces couverts et découverts.


Les vaches évoquées dans le rapport vivent dans une zone spéciale, toutes les six ensemble. Elles ont aussi accès à une zone où elles peuvent déambuler et ont chacune une salle où elles peuvent se coucher. Il faut avoir conscience que les animaux qui font l'objet d'expérimentations sont globalement bien traités par les industriels, notamment parce qu'elles ont de la valeur. Dans cette ferme, elles ont de bonnes conditions et sont même dorlotées.

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