Les feux en Australie ont détruit 20 % des forêts, 10 fois qu'à l'ordinaire

Un incendie à Bobin, à 350 km au nord de Sydney (Australie), le 9 novembre 2019.
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L'Australie dévorée par les flammes

BILAN - Les récents incendies en Australie ont ravagé 20 % des forêts du pays, selon deux études parues dans la revue Nature Climate Change. Cela représente un cinquième de leur superficie totale.

En cette fin du mois de février, certaines régions d'Australie subissent encore les flammes, comme l'indique cette carte actualisée en temps réel, mais le pire semble passé. Vient maintenant l'heure du bilan et il est sans précédent : 20 % des forêts ont disparu, soit un cinquième de leur superficie dans le pays, selon deux études publiées dans la revue Nature Climate Change. En comparaison, les feux de saison ordinaires détruisent en moyenne chaque année 2% des boiseries australiennes.

5,8 millions d'hectares brûlés, peut-être plus

D'après l'une de ces deux études, ce sont 5,8 millions d'hectares de forêts tempérées (situées dans les zones au climat tempéré doux), dans les régions de Nouvelle-Galles du Sud et de Victoria en seulement quatre mois, qui sont parties en fumée, de septembre 2019 à janvier 2020. 

Un bilan qui, selon Matthias Boer de la Western Sydney University, pourrait être revu à la hausse puisqu'il n'inclut pas encore les données de l'Etat de Tasmanie. "Ça a été un choc quand on a réalisé que cette saison était en fait complètement aberrante en terme de pourcentage de la partie continentale forestière brûlée", a raconté ce dernier à l'AFP. 

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À l’ombre de l’actualité, l’Australie brûle toujours

La sécheresse, condition favorable aux feux

Un autre rapport conduit cette fois par l'université de Melbourne a étudié les conditions climatiques autour de ces incendies. On le sait, si les départs de feu ont atteint cette intensité, c'est d'abord en raison d'un climat qui leur était favorable (vents violents, mais surtout absence de pluie). Andrew King et ses collègues en sont arrivés à la conclusion que la sécheresse subie en Australie depuis 2017 est directement liée à la baisse des phénomènes du dipôle de l'océan indien. Cet événement climatique, qui s'illustre par un réchauffement de la surface de l'eau dans l'est de l'océan et un refroidissement à l'ouest, provoque habituellement des précipitations sur le territoire australien.

Les chercheurs expliquent que, depuis les pluies diluviennes de l'hiver austral 2016, le bassin de Muray a enregistré 12 saisons consécutives où les intempéries étaient situées en-dessous de la moyenne, soit la plus longue période depuis 1900. Interrogé par l'AFP, Andrew King se montre pessimiste : "Cela veut dire que nous devons nous attendre à plus de saisons sèches en Australie, et possiblement plus de sécheresse". Et donc plus d'incendies.

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