Loi sur la biodiversité : quatre ans après, un bilan "décevant"

Loi sur la biodiversité : quatre ans après, un bilan "décevant"

POINT - La loi sur la biodiversité de 2016 n'a pas permis d'enrayer le "déclin" de la biodiversité et présente un bilan "décevant", estime mercredi 23 septembre le Conseil économique, social et environnemental dans un "avis".

On le sait, la biodiversité, c’est-à-dire l’ensemble des organismes vivants, est mise à mal par l’activité humaine : les ressources naturelles s’épuisent, l’eau vient à manquer et la liste rouge des espèces en voie d’extinction ne cesse de s’allonger. 

Quatre ans après la promulgation de la loi, portée à l'époque par Barbara Pompili, alors secrétaire d'Etat à la biodiversité et aujourd'hui ministre de la Transition écologique, le CESE estime que "le bilan apparaît pour l'instant décevant". Si le texte "consacre des principes et instaure des outils potentiellement utiles pour protéger la biodiversité, non seulement la reconquête n’est pas amorcée mais au contraire, le déclin se poursuit", écrivent les auteurs de l'avis.

Mis à part la création en janvier 2020 de l'Office français de la biodiversité, dont ils estiment toutefois que "les moyens et les effectifs alloués ne lui permettront pas de mener à bien l'ensemble de ses missions", "ces outils sont demeurés à ce jour largement virtuels", déplorent-ils. Sans compter que les résultats des deux "Stratégie nationale pour la biodiversité" (2004/10 et 2011/20) sont eux aussi "restés très en-deçà des objectifs".

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"Artificialisation des sols mal maîtrisée"

"La loi est ambitieuse, mais lourde à appliquer" notamment en raison de la multiplication des partenaires impliqués, a déclaré à l'AFP Pascal Férey, un des deux rapporteurs. 

Ainsi sur l'artificialisation des sols, "qui conduit pourtant à des drames permanents, comme on l'a encore vu dans le Gard", où de violentes inondations le week-end dernier ont fait un mort et un disparu. Les rapporteurs proposent notamment une réforme de la fiscalité du foncier non-bâti, qui selon eux "incite à vendre (les parcelles) comme terrains à bâtir", conduisant à "une artificialisation des sols mal maîtrisée". "Il faut tirer la sonnette d'alarme, l'Etat doit savoir dire non", insiste-t-il.

L'avis pointe également les "carences particulièrement préoccupantes dans les outre-mer", qui concentrent 80% de la biodiversité française. Or, celle-ci y est deux fois plus menacée qu'en métropole, avec 40% des espèces considérées comme menacées, contre 22%.

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