Lubrizol : tandis que les citoyens sont consultés, les mauvaises odeurs persistent à Rouen

Après l'incendie de l'usine Lubrizol, à Rouen.
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L’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen

LUBRIZOL - La mission d’information parlementaire, lancée après la catastrophe de l’usine Lubrizol, sollicite l’avis des citoyens par le biais d’un questionnaire accessible en ligne jusqu'à la fin du mois. Deux mois plus tard, les différentes enquêtes se poursuivent et les fortes odeurs d’hydrocarbures persistent à Rouen.

Deux mois après la catastrophe Lubrizol, les enquêtes se poursuivent et les citoyens, qu'ils aient vécu la crise de près ou de loin, sont appelés depuis lundi 2 décembre à donner leur avis dans un questionnaire disponible en ligne jusqu’au 31 décembre. A l’initiative : la mission d’information ouverte le 2 octobre et dirigée par le député de Seine-Maritime Christophe Bouillon. Le but de ces consultations, l’une à l’intention des habitants de Seine-Maritime et l’autre à ceux vivant hors du département, est de prendre le pouls de l’opinion au sujet de la gestion de la crise par les autorités. 

Parmi les questions posées, on retrouve notamment celles-ci : "Avez-vous eu de la suie chez vous ?" ; "Suite à cet incendie, qu’avez-vous ressenti : des mauvaises odeurs, des vomissements, des picotements dans la gorge, des difficultés respiratoires, aucun ressenti" ; "Envisagez-vous à l’avenir de consommer des produits issus de l’agriculture locale ?"

L'usine et ses alentours "fuis" par les habitants

En parallèle, des riverains constatent encore aujourd’hui de fortes odeurs emplissant l’air de Rouen. "Cela dépend des jours et des quartiers", rapporte à LCI Marine, habitante du centre-ville qui décrit des odeurs d’hydrocarbures, "exactement les mêmes que les jours qui ont suivi l’incendie". A nouveau perceptibles depuis trois jours, celles-ci "sont probablement liées à la phase de tri et de nettoyage de la zone de l’incendie et des fûts endommagés", avance la jeune femme.

Sur la rive gauche de Rouen, où Mickaël habite, à environ un kilomètre et demi de l’usine, l'"odeur d’essence" se serait évaporée depuis deux semaines. D’après ces deux Rouennais, la zone où se situe l’usine et ses alentours sont "fuis" par les habitants. La fête foraine qui s’est tenue il y a quinze jours a été fortement impactée par les effluves nauséabonds. "Il y avait très peu de gens". En effet, la foire a déménagé pour s’installer… en face de Lubrizol, de l’autre côté de la rive. 

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Des signalements régulièrement faits par des riverains

L’association Atmo Normandie chargée de surveiller la qualité de l’air s’emploie à mettre en ligne les résultats des mesures réalisées depuis le 26 septembre. Concernant les odeurs, elle indique : "Alors que l’aspect 'brûlé', qui figurait préalablement parmi les descriptions peu après l’incendie, a disparu, c’est le terme 'd’hydrocarbures' qui reste choisi quasiment à l’unanimité pour décrire les odeurs perçues." Sur une carte actualisée au jour le jour, Atmo Normandie recense les signalements faits par des habitants de Rouen ou d’ailleurs dans la région. Dans la ville, ont été signalés mardi 3 décembre : "5h50 : Brûlé, en continu, peu gênant", "13h35 : Solvant/Chimie, par bouffées, gênant", "19h45 : Hydrocarbures (industries), en continu, gênant".

Aucune communication des autorités locales au sujet de l’odeur persistante n’est entreprise auprès de la population. "Je n’ai pas eu de courrier, les seuls renseignements que l’on a viennent des médias", nous confirme Mickaël. Marine n'a pas reçu non plus de consignes particulières : "Maintenant que la phase post-incendie est passée, le quotidien a repris." Le gouvernement, lui, mentionne ce problème d’odeurs sur son site mis en place pour plus de transparence dans la gestion de la crise : "Certains résidus sur le site (nappe/boue d’huiles brûlées répandues sur presque deux hectares) sont à l’origine d’odeurs. La préfecture de Seine-Maritime a imposé à Lubrizol d’agir pour réduire à la source ces odeurs. Des fûts endommagés par la chaleur de l’incendie peuvent par ailleurs être à l’origine d’odeurs. Le préfet de Seine-Maritime a validé le 1er octobre 2019 le protocole d’élimination des fûts."

S’agissant des enquêtes en cours, l’Agence régionale de santé (ARS) a l’intention de publier son rapport d’expertise sur l’état des milieux naturels le 15 janvier prochain. Son positionnement sur les analyses déjà réalisées n’a pas bougé : les premiers prélèvements ne montraient pas de signes inquiétants, aucun suivi médical n’a donc été demandé. En fonction des résultats de janvier, il s’agira alors de lancer ou non un suivi auprès des personnes les plus fragiles. 

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