Manger des carottes ou invoquer la pluie : les étranges conseils du gouvernement indien contre la pollution

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DRÔLE D'IDÉES - New Dehli étouffe depuis le dimanche 3 novembre, plongée dans un épais brouillard de pollution. Pour contrer les effets néfastes de la haute concentration de particules fines, le gouvernement a délivré aux habitants des conseils pour le moins déconcertants. Ils ont vite suscité la colère des internautes.

Depuis plusieurs jours, New Dehli se noie dans un nuage de pollution particulièrement dense. Si la capitale indienne de 20 millions d'habitants connaît chaque année des pics de pollution de l'air, elle a cette fois enregistré des taux records depuis novembre 2016, avec une concentration de particules fines seize fois plus élevée que la normale.

Pour faire face à cette atmosphère irrespirable, le gouvernement a décrété l'urgence sanitaire et mis en place, jusqu'au 15 novembre, la circulation alternée. Les écoles ont d'autre part été fermées, et toutes les activités de construction arrêtées. Il est  également conseillé aux habitants de réduire le nombre de leurs sorties, d’éviter la pratique de toute activité physique ou encore d'utiliser des masques anti-pollution de type N95. D'autres conseils, plutôt farfelus, ont également été délivrés par les autorités et provoqué l'ire des internautes.

Quand le ministre de la Santé conseille de manger des carottes

Le samedi 2 novembre, le ministre de la Santé indien, Harsh Vardhan, conseillait ainsi aux habitants, via Twitter, de consommer des carottes. Grâce à leur teneur en vitamine A, en potassium et en antioxydants, elles protègent selon lui de l'héméralopie, soit la cécité nocturne, et permettent ainsi de mieux voir au travers du nuage de particules. "Les carottes peuvent aussi aider à lutter contre d'autres effets néfastes de la pollution sur la santé", ajoute-t-il, sans plus de précisions.

Face à ce conseil surprenant, les utilisateurs du réseau social se sont rapidement insurgés. "Ils n'ont pas de pain (d'air), donnez-leur de la brioche (des carottes)", lance par exemple un internaute, reprenant la célèbre citation (faussement) attribuée à Marie-Antoinette.

"Ayez au moins le sens du timing, crétin. Je ne peux même pas quitter la maison pour aller acheter des carottes", renchérit un autre. 

Rien de tel que de la musique indienne pour détendre l'atmosphère, assure le ministre de l'Environnement

Le même jour que son confrère, Prakash Javadekar, le ministre de l'Environnement indien, conseillait de "commencer sa journée en musique", mettant à disposition des internautes "une thématique scintillante" d'Emani Sankara Sastry, un musicien indien.

Là encore, cette sortie n'a pas beaucoup plu aux internautes. "Monsieur, quel ministère est-ce que vous dirigez ?", s'interroge l'un deux.

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Invoquer le dieu de la pluie pour tout arranger, la solution du ministre de l'Uttar Pradesh

Le 3 novembre, Sunil Bharala, ministre d'Uttar Pradesh, y allait lui aussi de son conseil. Il suggérait au gouvernement, dans une interview filmée, de pratiquer le "Yagna", un rituel hindou, pour combattre la pollution de l'air. Cela permettrait, selon lui, de combler Indra, le dieu de la pluie, qui pourrait alors "tout arranger".

"Peut-être le gouvernement devrait-il prier Vinshnu et Laxmi pour redresser l'économie", a ironisé en retour un utilisateur de Twitter.

Est-ce une hausse de la consommation de carottes, le retentissement de musique indienne ou l'invocation du dieu de la pluie ? Le vent a en tout cas fini par se lever, ce mardi, contribuant à améliorer quelque peu la situation. L'ambassade des Etats-Unis, située à New Delhi, a ainsi enregistré une concentration de particules fines PM2,5 de 230 microgrammes par mètre cube d'air, soit moitié moins que la veille à la même heure. Malgré tout, cela reste bien supérieur aux seuils recommandés par l'Organisation mondiale pour la santé (OMS), qui conseille de ne pas dépasser une concentration de 25 en moyenne quotidienne.

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