Nanterre : Vinci a déversé des résidus de béton dans la Seine sur un chantier du RER E

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POLLUTION - Des résidus de béton ont été rejetés illégalement dans la Seine, à hauteur de Nanterre et depuis 2018, par une filiale de Vinci Construction. Visé par une plainte, le géant du BTP a reconnu être à l'origine de ce déversement d'eaux polluées, qui a cimenté "tout un pan de berge".

Du béton déversé dans la Seine. Visé par une plainte déposée par une association de pêche et de protection de la nature, le géant du BTP a reconnu mercredi 24 avril avoir rejeté des eaux chargées de résidus de béton sur les berges de Seine à Nanterre. Un garde-pêche a repéré l'écoulement le 19 mars, lors d'une promenade de routine, a rapporté l'Association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA), confirmant une information de nos confrères d'Europe 1.


Le déversement provenait d'une centrale à béton, propriété de Vinci Construction, servant à alimenter le chantier Eole d'extension du RER E. Le point de sortie des eaux sales "était bien caché" et facilité par "une ouverture dans le grillage", a déclaré à l'AFP Sandrine Armirail, présidente de l'AAPPMA 92. L'évacuation des eaux polluées a commencé "en 2018".

"Un pan de berge" devenu un "désert aquatique"

L'association a déposé plainte pour "abandon de déchet, rejet en eau douce de substance nuisible au poisson et destruction de frayère". Les eaux chargées de résidus de béton rejetées dans la Seine ont cimenté "tout un pan de berge", la transformant en "un désert aquatique", a déploré la directrice de la Maison de la pêche et de la nature. "Les berges, c'est l'endroit le plus intéressant pour la biodiversité, a-t-elle ajouté, là, vu que tout est bétonné sur le fond, il n'y a plus rien".


La présidente LR de la région Île-de-France Valérie Pécresse s'est de son côté dite "scandalisée". "Je demande au groupe Vinci que toute la clarté soit faite dans cette affaire et des sanctions exemplaires contre ces pollutions sauvages!", a-t-elle twitté.

Dans un communiqué publié en réponse au reportage d'Europe 1, le groupe Vinci a assuré avoir "mis en oeuvre les mesures nécessaires pour stopper cet écoulement". "Après enquête interne, si des responsabilités individuelles venaient à être établies, des sanctions seront prises", a promis le géant du BTP. Il a également qualifié cet incident d'"exceptionnel" et a indiqué se tenir "à l'entière disposition des autorités administratives et judiciaires dans le cadre de l'enquête qui pourrait être ouverte".

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