"Nous n’en pouvons plus" : 200 personnalités demandent la fin de l'élevage intensif

Planète

TRIBUNE - Ils exigent trois mesures afin de mettre fin à l'élevage intensif. Près de 200 personnalités ont interpellé les responsables politiques sur cette pratique, jugée comme allant à l'encontre de l’intérêt général, dans une tribune publiée ce jeudi par plusieurs médias.

"Serez-vous au rendez-vous ?" Ils sont philosophes, chercheurs, magistrats, personnalités connues ou de la société civile à poser cette question aux pouvoirs publics. Car ils ont tous la même volonté : celle d'alerter sur le danger de l’élevage intensif et en demander la fin. Dans une tribune, publiée notamment par Le Monde ce jeudi 5 septembre, ces quelques 200 personnes interpellent les élus et les responsables politiques. 

Lire aussi

Un système à l'encontre de l'intérêt général

"Nous ne voulons plus de ce système ennemi de l’intérêt général", tel est le titre du texte signé par des personnalités de tous les milieux comme l’acteur Pierre Niney, Brigitte Bardot, l'actrice Isabelle Adjani, le présentateur Stéphane Bern ou encore le philosophe Frédéric Lenoir. Comme les autres signataires, ils ne veulent plus d’un élevage décrit comme "intensif et industriel".  Et ils ne manquent pas d’arguments pour expliquer les raisons de ce ras-le-bol. Tout d’abord, ils écrivent que cette agriculture ne respecterait pas le bien-être animal, les privant de leur liberté et les obligeant à vivre "dans des conditions de promiscuité extrêmes". En plus, elle serait mauvaise contre l’environnement, émettant des gaz à effet de serre et produisant "algues vertes et pluies acides". A tout cela s’ajoute son impact sur la biodiversité. En recherche de terres pour nourrir les bêtes, l’élevage intensif devient l’un des "acteurs de la déforestation". 

Lire aussi

Les signataires dénoncent un système aussi bien dangereux pour la santé des citoyens, car ils "favorisent l’antibiorésistance et l’émergence de nouveaux agents pathogènes", que pour les travailleurs. Avec des conditions de travail "éprouvantes" et "risquées", les agriculteurs "se suicident davantage que dans toute autre catégorie socioprofessionnelle". Ainsi, selon une étude de la Mutualité sociale agricole et Santé publique France, cette catégorie est touchée par la surmortalité, avec 12% de suicides de plus que la moyenne de la population. 

Trois "mesures concrètes"

Face à cette urgence "éthique, climatique, environnementale, sanitaire et sociale", les signataires interpellent donc les pouvoirs publics. Et leur demande s’ils seront au "rendez-vous". "Nous n’en pouvons plus, au mieux de votre immobilisme, au pire – et plus souvent – de votre soutien actif au lobby de l’élevage intensif." 

Ils préconisent de diriger "rapidement" le pays vers une "consommation essentiellement végétale, durable, saine, respectueuse de l’environnement, des animaux et des humains". Et exigent trois mesures concrètes. A commencer par un "moratoire immédiat sur l’élevage intensif" afin de trouver un "plan concret de sortie" de ce type d’agriculture. Mais aussi une "végétalisation d’ampleur" des aliments qui sont dans nos assiettes. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter