On le trouve désormais en abondance dans la Manche : le thon rouge a-t-il sauvé sa peau ?

Le thon rouge a bien failli disparaître complètement des côtes françaises. La surpêche a gravement menacé l'espèce au début des années 2000. Une dizaine d'années plus tard, il a pris sa revanche grâce aux quotas très stricts, mis en place en 2006.
Planète

ENVIRONNEMENT - Le thon rouge, dont raffolent les gourmets japonais, a été victime de surpêche pendant des décennies en Méditerranée. Il réapparaît désormais dans la Manche, mais...

Au Japon, on continue de se l'arracher. A la fin du mois de janvier dernier, à Tokyo, Kiyoshi Kimura, un directeur de chaîne de restaurants de sushis, a déboursé plus d'un million et demi d'euros pour un seul thon rouge. Symbole à la fois du manque, qui fait grimper les prix, et de la frénésie qui perdure.  Il y a pourtant du mieux, à échelle mondiale. L'espèce, que l'on disait menacée, est en effet en augmentation depuis dix ans. Elle serait aujourd'hui à des "niveaux sains", selon l'Iccat (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique). On  retrouve même des thons rouges, désormais, au large des côtes françaises...

Mais plus tellement dans la Méditerrannée, dont il a longtemps été l'emblème et où il fut aussi l'objet d'un long conflit entre les plaisanciers et les pêcheurs industriels, accusés de surpêche dans les années 2000. Voici en effet cinq, voire six ans, que ce grand prédateur des mers a fait son retour... dans la Manche, au large de la Bretagne. C'est principalement grâce à  un renforcement des contrôles, à des quotas fixés à 36.000 tonnes mondiales par an et à une limitation légale de la pêche.

Des quotas de pêche à leur tour menacés

Après ce plan international de restriction mis en place en 2006, "l'abondance générale de thons a augmenté ces dernières années. Donc, ils explorent des zones où ils ont des chances de trouver beaucoup de nourriture (...) C'est pour cela qu'ils remontent jusqu'en Bretagne, voire en Norvège, où il y a des stocks d'alimentation énormes", explique Tristan Rouyer, en charge du dossier "thon rouge" à l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer).

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Cependant, depuis quelques mois, plusieurs chercheurs procèdent à des campagnes de marquage des thons rouges. Grâce à des balises, ils cherchent à mieux comprendre leur comportement et à évaluer plus précisément l'état de la population. Ce qui, in fine, pourrait aboutir à augmenter les quotas. Et préoccupe dès à présent certaines ONG. "Les données scientifiques dont nous disposons sont un peu lacunaires. Elles ne permettent pas d'avoir une évaluation très précise du stock. Et en parallèle, des pressions économiques font qu'on veut pêcher toujours plus de thons, sans avoir la moindre idée de l'impact futur", explique xxx, de l'organisation xxx. Dit autrement : l'avenir du thon rouge demeure extrêmement fragile.

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