Périphérique à 50 km/h : est-ce vraiment efficace contre la pollution ?

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CIRCULATION - Un rapport d'élus parisiens de tous bords politiques préconise de réduire à 50 km/h la vitesse sur le périphérique parisien, notamment pour réduire la pollution aux particules fines. Mais un passage de 70 à 50 km/h de la limitation de vitesse aurait-il un impact significatif sur la pollution de l'air ?

Plusieurs élus parisiens préconisent de réduire à 50 km/h la vitesse sur le périphérique parisien et d'en diminuer le nombre de voies. Le but est d'améliorer la qualité de vie des riverains en limitant la pollution sonore et atmosphérique. Quotidiennement, 100.000 personnes habitant des deux côtés de l'axe routier sont touchées par la pollution aux particules fines des moteurs thermiques. Mais passer de 70 à 50 km/h a-t-il un vrai impact sur la pollution de l'air ?

Aucun organisme n'a étudié précisément ce cas de figure, les données manquent donc pour répondre précisément à cette question. Même s'il est "généralement considéré que la diminution de la vitesse réduit les consommations de carburant et les émissions unitaires de polluant", l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) explique dans un rapport sur l'impact des limitations de vitesse sur la qualité de l’air, le climat, l’énergie et le bruit datant de février 2014, que "plusieurs autres facteurs interviennent (type et âge des véhicules, pente de la voie, charge, fluidité du trafic, conditions de circulation…) ce qui rend plus complexe la relation entre vitesse et pollution de l’air".

Peu d'effets en-dessous de 70 km/h

Ainsi, un peu plus loin, elle écrit : "Au-dessus de 70 km/h, les réductions de vitesse ont un effet plutôt positif sur les émissions de particules et d’oxydes d’azote. En dessous de 70 km/h, cet effet est plutôt négatif. En pratique, la situation est plus complexe puisqu’il faut tenir compte notamment de l’effet de la limitation de vitesse sur la congestion."


Pour qu'une baisse de pollution soit réelle, il faudrait donc que le trafic soit fluide, et que la baisse de la vitesse aide à cette fluidité (la pollution étant notamment générée par les freinages et les accélérations). Mais là encore, rien n'est acquis. Selon Le Parisien, le passage de 90 à 70 km/h en 2014 a eu un impact sur la fluidité du trafic : en 2015, la vitesse moyenne entre 7 heures et 21 heures était de 39km/h contre 38 km/h en 2013. Mais elle est retombée à 35,8 km/h en 2016, et 35,5 km/h en 2017. Le journal impute cela aux travaux puisque le trafic général a dans le même temps diminué de 2%.


"Afin de réduire l’impact du trafic routier sur la qualité de l’air, l’Ademe recommande d’agir prioritairement sur le parc roulant de véhicules anciens très émetteurs de particules et d’oxyde d’azote, en particulier le parc diesel non équipé de filtres à particules fermés", écrit donc l'Agence dans son rapport.

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