PARTI PRIS - Justice sociale vs justice environnementale ? Pour Cécile Duflot, les deux sont indissociables

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INÉGALITÉS - Depuis plusieurs mois, une fronde sociale fait trembler le gouvernement. De nombreux Français réclament plus de justice sociale. Si la colère est née de la hausse de la taxe carbone, la directrice d'Oxfam alerte contre tout amalgame. Justice sociale et justice environnementale sont intimement liés selon elle. Elle nous explique pourquoi.

La défense de l'environnement est essentielle pour lutter contre les inégalités en France et dans le monde. Pourquoi ? Cécile Duflot répond du tac au tac : parce que "les principales victimes du dérèglement climatique sont les plus pauvres et les principaux responsables, les plus riches." Un peu "caricatural", reconnait-elle. Alors la directrice générale d'Oxfam détaille et sort les données chiffrées : les 50% les plus pauvres du globe émettent "10% des émissions de gaz à effet de serre. À l'inverse, la moitié des émissions de gaz à effet de serre sont de la responsabilité des 10% les plus riches.", nous dit-elle. "C'est une claque en fait !" D'autant plus parce que ces "50% les plus pauvres, ce sont ceux qui vivent dans la zone du Sahel, en Asie du sud-est", et qui subissent de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique, de la montée des eaux, aux périodes de sécheresse qui affectent l'agriculture. "


"Cette vérité-là entre le nord et le sud de la planète, elle existe aussi au sein des pays" et notamment en France. Les Gilets jaunes auraient donc tout intérêt à se préoccuper du réchauffement climatique.

Et la taxe carbone alors ? Pour Cécile Duflot, cette taxe permet de "féliciter" les bons gestes. Encore faut-il que des mesures soient mises en place par le gouvernement pour s'assurer que la population soit en capacité d'embarquer dans la transition écologique. 


"Quand on ne construit pas de nouvelles lignes de transport en commun ou qu'on ferme des lignes de train secondaires", et de fait qu'on oblige une partie des Français à utiliser leur voiture, mais que dans le même temps "on les taxe, il y a un problème", martèle la responsable d'Oxfam. "On peut multiplier les exemples", assure-t-elle du bio dans les cantines scolaires à l'isolation des maisons. Il reste donc encore du chemin à faire.

Et le gouvernement aurait tout intérêt à prendre les devants dans ce domaine, poursuit Duflot. Car ne rien faire coûterait "beaucoup, beaucoup plus cher".  "On n'a pas le choix entre attendre et puis agir, on a le choix entre subir ou agir", souligne l'ancienne députée écologiste. Et de citer en exemple les assureurs : face à la hausse des risques de catastrophes naturelles, ils ont déjà pris les devants ... et adapté leur prix !


Pour contraindre l'Etat à agir et suivre les règles qu'elle s'est elle-même imposées, Oxfam s'est résigné à une action radicale : elle a lancé une procédure avec d'autres organisations de défense de l'environnement pour attaquer l'Etat en justice.

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