Pollution de l'air en Île-de-France et à Marseille : les cartes des écoles les plus exposées

Planète
SANTÉ - Un quart des écoles parisiennes dépassent les seuils légaux de concentration en dioxyde d'azote (NO2), selon une cartographie de l'association Respire, qui précise que "le facteur principal semble être la distance aux axes routiers". Greenpeace a fait de même à Marseille.

Pour alerter sur les niveaux de pollution atmosphérique dans les deux plus grandes villes françaises, les associations Respire et Greenpeace ont choisi de montrer les crèches et les écoles les plus exposées en Île-de-France et à Marseille. Il en ressort qu'un quart des écoles parisiennes dépassent les seuils légaux de concentration en dioxyde d'azote (NO2), selon la cartographie de Respire. À Marseille, ce sont 22% des établissements scolaires accueillant des enfants qui dépassent les seuils, selon Greenpeace.

Pour arriver à ce résultat, les associations ont croisé les données des organismes qui mesurent la pollution atmosphérique - Airparif en Île-de-France et Atmosud à Marseille - avec les cartes des établissements accueillant des enfants. Le dioxyde d'azote, émis en grande quantité par les moteurs diesel, favorise l'asthme, voire les affections pulmonaires chez l'enfant.

En Île-de-France, Paris concentre la pollution

Selon la carte de Respire sur l'Île-de-France, 682 des 12.520 établissements (crèches ou écoles) de la région étaient exposés en 2017 à des niveaux de pollution dépassant les normes de NO2, fixés à  40 µg/m³. Une grande majorité (548) se trouve dans Paris, où plus d'un quart des établissement dépassent les seuils. 125 se trouvent dans la petite couronne et 9 en grande couronne. La précision de la carte de Respire est de 12,5 mètres dans Paris et d'environ 50 mètres en banlieue, précise le communiqué de l'association.

La situation s'est améliorée dans la capitale entre 2012 et 2017, avec deux fois moins d'établissements exposés à des dépassements de seuil (26% contre 66%), a calculé l'association. Respire s'est aussi intéressée aux particules fines PM10 (dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres) et PM2,5 (2,5 micromètres), aussi mesurées par Airparif. Selon l'étude, un seul établissement dépassait en 2017 les seuils légaux de PM10. Mais en se basant sur les critères de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus stricts, la totalité des établissements scolaires parisiens dépassent les recommandations pour les PM2,5 et 97% pour les PM10.

À Marseille, 22% des établissements à moins de 50 mètres d'une zone trop polluée

À Marseille, la carte de Greenpeace s'est intéressée uniquement à la pollution au dioxyde d'azote qui, outre les moteurs diesel, provient aussi du transport maritime. En croisant les données d'AtmoSud pour 2017 et la carte des crèches et écoles, l'association avance que 189 écoles et crèches de Marseille et des communes environnantes (soit 22% des établissements), sont situées à moins de 50 mètres d'une zone où la pollution au NO2 dépasse le seuil légal. En prenant un rayon de 200 mètres, on atteint le chiffre de 58% d'établissements concernés.

À Paris comme à Marseille, "le facteur principal semble être la distance aux axes routiers", indiquent les associations. "Pour [que les enfants] puissent respirer sans danger, c'est l'ensemble du trafic routier qui doit être réduit" à Marseille, affirme Greenpeace. Quant à l'association Respire, elle recommande de mettre en place une zone à faible émission (ZFE) "ambitieuse", ainsi qu'une voie réservée au covoiturage, aux transports en commun et aux véhicules électriques sur les autoroutes urbaines autour de Paris, ou encore de restreindre la circulation autour des écoles. 

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