Pollution de l'air : une astreinte record de 10 millions d'euros pour forcer l'Etat à agir

Si l'État français ne réagit pas très rapidement face à la pollution de l'air du pays, il devra payer une amende de 54 000 euros par jours.
Planète

ENVIRONNEMENT - Le Conseil d’État a ordonné vendredi au gouvernement de prendre des mesures pour réduire la pollution de l'air dans plusieurs villes et régions, sous peine d'une astreinte de 10 millions d'euros par semestre de retard.Le gouvernement a six mois pour agir avant de devoir payer.

10 millions d'euros par semestre de retard, une sanction sévère pour inciter à des actions rapides. Ce vendredi, le Conseil d’État a ordonné au gouvernement de prendre des mesures pour réduire la pollution de l'air dans plusieurs villes et régions, sous peine d'une astreinte record de 10 millions d'euros par semestre de retard.

Cette astreinte est le montant "le plus élevé" jamais imposé "pour contraindre l’État à exécuter une décision prise par le juge administratif", a précisé dans un communiqué le Conseil d’État, qui avait déjà jugé il y a trois ans que l’État ne respectait pas ses engagements contre la pollution de l'air, responsable de près de 50.000 morts prématurées par an dans le pays.

"Gravité des conséquences"

Lors de cette précédente décision du 12 juillet 2017, le Conseil d’État, saisi par l'ONG Les Amis de la Terre, avait enjoint à l’État de mettre en œuvre des plans de réduction des niveaux de particules PM10 (diamètre inférieur ou égal à 10 microns) et/ou de dioxyde d'azote (NO2, polluant notamment associé au trafic routier) dans treize zones. Mais "l’Etat ne peut être regardé comme ayant pris des mesures suffisantes propres à assurer l'exécution complète de cette décision" dans huit de ces zones, dont Paris, Lyon, Marseille, Grenoble ou Strasbourg, insiste la plus haute juridiction administrative dans sa nouvelle décision.

Eu égard au délai depuis la précédente décision, à l'importance du respect des règles européennes, "à la gravité des conséquences" en termes de santé publique et à "l'urgence qui en découle", le Conseil d'Etat a donc prononcé une astreinte de 10 millions d'euros par semestre.

Six mois pour prendre des mesures

Le gouvernement a six mois pour prendre des mesures avant de devoir s'acquitter de cette somme. Le cas échéant, le Conseil d’État précise que "pour la première fois" l'astreinte pourrait être versée aux ONG requérantes mais aussi à des personnes morales publiques "disposant d'une autonomie suffisante à l'égard de l’État" ou privées à but non lucratif, menant des actions dans ce domaine de la qualité de l'air.

Lors de l'audience la semaine dernière, le rapporteur public, qui avait demandé cette astreinte, avait notamment évoqué l'Ademe (Agence de la transition écologique).

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