Filets de pêche, mégots et bouteilles sont parmi les déchets plastiques les plus répandus dans les océans

Filets de pêche, mégots et bouteilles sont parmi les déchets plastiques les plus répandus dans les océans
Planète

POLLUTION - Chaque année, 8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans. Selon des chiffres de la FAO repris par Greenpeace, le matériel de pêche ferait partie des principaux déchets. Les mégots de cigarettes ou les bouteilles en plastique seraient aussi très largement répandus dans les eaux de notre planète.

Le système digestif bloqué, les nageoires cisaillées, le cou enserré... Chaque année, des milliers de mammifères marins, de poissons et de tortues viennent s'échouer sur nos plages, victimes des 8 millions de tonnes de plastique que l'humanité rejette chaque année dans l'océan.

À l'heure actuelle, environ 110 millions de tonnes de cette matière sont présentes dans les eaux de la planète bleue. 500.000 tonnes flottent à la surface, formant d'immenses plaques, dont le fameux continent de plastique du Pacifique, trois fois plus grand que la France. LCI fait le point sur les principaux déchets plastiques rejetés.

Les microplastiques, composants principaux de la pollution plastique dans les océans

Lorsque l'on analyse les eaux des plaques de plastique qui dérivent dans les océans, difficile de dire ce qui les compose. Elles contiennent en effet principalement des micro et nano plastiques. "Ce n'est absolument pas un endroit sur lequel on peut marcher. Ce n'est pas un agrégat de plastique solide et dense. En fait on ne voit pas grand-chose. C'est simplement une concentration dans l'eau et il serait vraiment beaucoup plus approprié d'appeler cet endroit 'la soupe de plastique'", explique dans une interview filmée Patricia Jolly, journaliste Planète pour Le Monde, qui s'est rendue à proximité du continent de plastique du Pacifique à bord de la goélette scientifique Tara.

Les origines de ces micro et nano plastiques sont multiples. Il peut tout simplement s'agir de microbilles de plastique, utilisées dans les produits d'hygiène. Si elles ont été interdites par la France en 2018, de nombreux pays les comptent encore parmi les ingrédients de leurs cosmétiques. Selon une récente étude publiée dans la revue Environmental Science & Technology, plus de 8.000 milliards de microbilles s'invitent ainsi dans les habitats aquatiques américains chaque jour.

Ces particules peuvent également provenir de l'entretien de nos vêtements synthétiques, qui relâche environ 500.000 tonnes de microparticules de plastiques dans les océans chaque année, soit l'équivalent de 50 milliards de bouteilles plastiques, rapporte l'Ademe.

Cette pollution peut enfin provenir de la désagrégation d'objets en plastique rejetés en mer. Car si ces derniers mettent pour la plupart des centaines d'années à se décomposer complètement, ils peuvent se désintégrer relativement rapidement sous l'effet des radiations du soleil, des courants ou encore des frottements, formant alors de minuscules fragments.

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Le matériel de pêche, responsable de 10% de la pollution plastique dans les océans

Parmi les objets en plastique les plus fréquemment rejetés en mer, le matériel de pêche occupe l'une des premières places, rapporte la nouvelle campagne de Greenpeace, qui reprend les chiffres d'un rapport de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il constituerait à lui seul environ 10% de la pollution plastique dans les océans avec, chaque année, 640.000 tonnes de filets, de lignes et de pièges en tous genres perdus ou abandonnés dans les fonds marins. "Les filets maillants de fond font partie des plus problématiques. Le bord inférieur de ces filets est ancré au fond de la mer, tandis que des flotteurs sont fixés à leur sommet, si bien qu’ils forment un mur vertical sous-marin pouvant mesurer de 600 à 10.000 mètres de long. S'il est abandonné ou perdu, il peut continuer à pêcher seul pendant des mois - et parfois des années - en tuant sans distinction des poissons et d’autres animaux", détaille le document. Il leur faudrait ensuite 600 ans pour pouvoir se désintégrer complètement.

Les mégots de cigarettes, déchet du quotidien le plus fréquent en mer

En 2018, l'ONG Ocean Conservancy a d'autre part organisé une journée mondiale de nettoyage des littoraux, à laquelle ont participé plus d'un million de volontaires provenant de plus de 100 pays. Si l'opération a débouché sur le ramassage de 10 millions de tonnes d'ordures, elle a aussi permis d'établir un classement des déchets plastiques les plus courants en mer.

Les mégots de cigarette, dont les filtres sont composés de plastique, figuraient sur la première marche du podium. Ils ont été plus de 5,7 millions à être ramassés. Ils étaient suivis des emballages alimentaires (3,7 millions), des pailles (3,6 millions), des couverts en plastique (1,7 millions) et des bouteilles (1,6 millions).

Grâce aux différentes politiques mises en place à l'international pour réduire le nombre de sacs plastique distribués dans les commerces, ces derniers n'occupaient lors de cette opération "que" la septième place des déchets plastiques les plus ramassés à travers le monde. Les volontaires en ont ramassé 964.000. Dix ans plus tôt, ces derniers trônaient sur la deuxième du podium.

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Malgré tout, le combat est loin d'être gagné. Selon un rapport de World Wild Fund (WWF), étant donné les quantités de plastique désormais produite quotidiennement et la durée de vie de la matière, la pollution plastique devrait doubler dans les océans d’ici 2030, atteignant 300 millions de tonnes.

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