À Paris, les véhicules diesel dépassent largement les normes européennes (même les plus récents)

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POLLUTION - Selon une étude menée par le Conseil international pour un transport propre (ICCT), les véhicules diesel, même les plus récents, émettent des émissions de particules bien au-delà des normes imposées par l’Union européenne. Le rapport démontre que ces nouveaux diesels contribuent largement aux pics de pollution à l’ozone pendant l’été.

Une réalité bien différente des injonctions européennes. C’est ce qu’expose une étude menée par le Conseil international pour un transport propre (ICCT), l’ONG à l’origine du "dieselgate" et des fraudes aux émissions de particules. Celle-ci a été conduite à Paris et à Londres sur une demande conjointe de leurs maires respectifs Anne Hidalgo et Saddiq Khan. 

La volonté des élus était simple : connaitre la réalité des émissions dégagées par les véhicules en circulation dans leur ville, les plus anciens comme les plus neufs. Le rapport a donc été dévoilé ce mardi 10 septembre par Christophe Najdovski, adjoint chargé des transports à la mairie de Pairs, devant un parterre de journalistes à l’Hôtel de Ville.

Pour mener à bien leur mission, les experts de l’ICCT ont investi trois sites parisiens et se sont servis de portiques équipés de lasers sur près de 180.000 véhicules en circulation, afin d’analyser la concentration des gaz et particules sortant de leurs pots d’échappement. Premier constat global de cette étude, menée en plein été, entre le 18 juin et le 16 juillet 2018 : les émissions aux oxydes d’azotes des voitures diesel, même les plus récents, sont largement au-dessus des normes européennes, avec un taux supérieur à celui certifié en laboratoire.

Interdire les Crit'Air 2 pendant les pics de pollution ?

À Paris, la majorité des voitures qui circulent sont diesel (64%) et récentes, dont 28% de diesels Euro 6 immatriculés après 2014. Les normes Euro, édictées par l’Union européenne, sont classées de 1 à 6, le chiffre 6 correspondant à la mise sur le marché la plus récente. Depuis septembre 2015, tous les véhicules particuliers neufs mis en circulation dans l’UE doivent être conformes à cette norme. Or, ce rapport démontre que ces diesels Euro 6 émettent six fois plus d’oxydes d’azote (NOx) que la limite imposée. Ces véhicules récents arborent la vignette Crit’Air, ce qui leur permet de circuler même en plein pic de pollution à l’ozone. En effet, la circulation différenciée en vigueur à Paris depuis cet été ne s’applique qu’aux vignettes Crit’Air 4 et 5. 

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Sur son compte twitter, Christophe Najdovski suggère qu’il "faudrait donc inclure les Crit’Air 2 dans les interdictions de circulation afin de lutter plus efficacement contre la formation de l’ozone". Mais aussi "interdire la circulation des véhicules particuliers diesel en cas de pic de chaleur". De plus, ces véhicules diesels Euro 6 polluent bien plus au-delà de 30°, recrachant 20 à 30 % de NOx en plus que sous une température entre 20 et 30°. Un fait que les constructeurs n’ont pu prévoir puisque ces véhicules sont testés en laboratoire à une température comprise… entre 20 et 30°. 

Les deux-roues pas épargnés

Autre élément soulevé par le rapport qui concerne cette fois les véhicules à deux-roues : les motos et scooters les plus récents portant la vignette Crit’Air 1 (la moins polluante) recrachent trois fois plus de particules de NOx et de CO (monoxyde de carbone) que les voitures essences neuves. Il faut savoir que le monoxyde de carbone contribue largement, avec les oxydes d’azote, à l’émergence de pics de pollution en cas de forte chaleur.

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"Ces résultats viennent conforter notre stratégie progressive mais déterminée de la fin du diesel d’ici 2024", a déclaré sur Twitter Christophe Najdovski, avant de conclure sur un triste bilan : "À Paris et dans la métropole, la pollution liée au trafic routier est responsable de 1 100 morts prématurées chaque année". 

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