Pollution plastique : cinq ans pour rendre les machines à laver plus propres... mais comment ?

Comment nos machines à laver polluent les océans
Planète

MICRO PARTICULES – Une réunion est prévue ce lundi entre Brune Poirson et les fabricants de machines à laver. Son but : équiper tous les appareils de filtres à particules d'ici 2025. L'enjeu, pour la pollution des eaux, est capital.

Après les voitures diesel, équipées de filtres à particules,  les machines à laver vont elles aussi devoir filtrer leurs rejets. Et le temps presse : en 2025, tous les lave-linges devront obligatoirement être équipés de filtres à micro-plastiques. Mais comment faire ? Quelques jours après le vote de la loi anti-gaspillage, promulguée le 11 février, les représentants de marques d'appareils rencontrent justement Brune Poirson ce lundi 17 février pour discuter du "cadre existant et les solutions qu’il est possible d’envisager". 

Des bonus sur les machines propres pendant 5 ans

Il a été promis aux fabricants un "bonus environnemental" s'ils anticipent et équipent leurs machines de filtres avant la date butoir, dont le montant n'a pas été précisé. Pourtant, les fabricants semblent réticents quant aux efforts d'adaptation qu'ils devront fournir face à un tel changement et aux coûts supplémentaires engendrés. 

"Bien que nous comprenions et soutenions l’objectif poursuivi par cette mesure de réduire la pollution plastique des océans, une telle disposition soulève de nombreuses questions techniques, économiques et d’utilisation – tant pour les consommateurs que pour les industriels", fait valoir la Gifam, la fédération professionnelle du secteur. Avant la rencontre, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique a d'ailleurs confirmé que "les fabricants de machines à laver vont devoir innover pour s’adapter à ce nouveau standard".

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700.000 fibres plastique à chaque lavage

Car l'objectif est bel et bien de rendre le fonctionnement des machines à laver plus propre. Un lave-linge rejette des milliers de microparticules de plastique à chaque lavage, qui proviennent des textiles synthétiques : polyester, élasthanne, acrylique…  1900 microfibres sont libérées pour chaque vêtement lavé, selon une étude publiée dans la revue Environmental Science and Technology. D'autres études dressent un constat encore plus sévère : pour une panière entière de linge sale, ce ne sont pas moins de 700.000 microfibres qui sont éjectées, estiment de leur côté des chercheurs de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni).

Problème, ces fibres passent directement des canalisations aux cours d’eau, sans être filtrées par les usines d’assainissement car de trop petite taille, et se retrouvent donc ensuite en mer et dans la chaîne alimentaire. Ces microparticules de plastique représentent entre 15 à 31% des 9,5 millions de tonnes de plastique rejetées chaque année en mer. Pour une panière entière de linge sale, ce ne sont pas moins de 700.000 microfibres qui sont éjectées, estiment de leur côtédes chercheurs de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni).

7000 machines vendues chaque jour

Environ 7000 machines sont vendues chaque jour en France et plus de 97% des foyers sont équipés d’un lave-linge, selon les chiffres de Gifam. À ce stade des discussions, il parait difficile d’évaluer le coût engendré pour les fabricants qui vont devoir se mettre à la page, nous assure-t-on à la fédération. 

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