Produire des œufs sans tuer 50 millions de poussins mâles par an : c'est possible en Allemagne, et bientôt en France ?

Produire des œufs sans tuer 50 millions de poussins mâles par an : c'est possible en Allemagne, et bientôt en France ?

Planète
DirectLCI
MASSACRE INUTILE - Chaque année, des milliards de poussins mâles sont systématiquement éliminés dans des fermes de poules pondeuses dont 50 millions en France. Une nouvelle technologie permet désormais de détecter le sexe du poussin avant l'éclosion des œufs... et d'éviter le massacre.

Dans une ferme de poules pondeuses, un poussin mâle n'a que peu d'intérêt. Et pour cause : il ne pondra jamais, et l'élever pour en faire un poulet à viande n'est pas rentable. Conséquence : on estime à environ 50 millions le nombre de poussins mâles éliminés en France chaque année. Des milliards à l'échelle mondiale. Des leur naissance, les volatiles sont examinés à la main, et éliminés si ce sont des mâles. Les techniques varient mais la finalité est la même : asphyxie, broyage, gazage ou électrocution. Une récente innovation pourrait mettre fin à ce massacre inutile.

Un programme de recherche en France

En Allemagne, l'entreprise Seleggt commercialise depuis 2018 une solution permettant de reconnaître le sexe du poussin dans son œuf, afin d'éliminer les mâles avant leur naissance. Au lieu d'être broyés vivants pour rien après l'éclosion, les oeufs seraient transformés pour être destinés à l'alimentation animale. Pour cela, une machine perce au laser un minuscule trou dans la coquille de chaque œuf, puis effectue un prélèvement à l'intérieur de celui-ci. Ce prélèvement est ensuite analysé à l'aide d'une technique appelée "spectrométrie", qui permet de connaître le sexe du poussin, comme l'explique une vidéo promotionnelle de l'entreprise.


Début 2018, Seleggt a mis au monde la première couvée de poules élevées selon cette méthode, dont les œufs sont arrivés en novembre dans les rayons de supermarchés à Berlin, marqués d'un sigle "respeggt". Seleggt compte demander aux revendeurs de payer quelques centimes supplémentaires pour chaque boîte d'œufs vendus sous cette marque.


Il reste cependant impossible de dire à cette heure si cette innovation permettra de faire disparaître la pratique de l'abattage des poussins mâles, dénoncée régulièrement par des associations de protection des animaux comme L214. L'association avait ainsi marqué les esprits en 2014 en dévoilant des images tournées clandestinement de poussins agonisants sur le sol ou dans une benne. En France, un programme de recherche financé en partie par l'État est actuellement en cours dans l'entreprise vendéenne Tronico, qui espère tester son premier prototype dans un an, selon RTL.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter